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Chérif Ousmane Madani Haïdara à propos de la commission dialogue et réconciliation :  » Pour réussir sa mission, elle doit être au dessus de tout soupçon « 

Le gouvernement dans sa recherche d’une paix durable et d’une sortie rapide de la crise institutionnelle et sécuritaire dans laquelle le pays est plongé a créé lors du conseil des ministres du 6 mars une commission dialogue et réconciliation. Cette commission a une  durée  de deux ans et comprend 33 membres désignés par le Président de la République. Elle est dirigée par un président  assisté par deux vice- présidents et une trentaine de Commissaires. Interrogé sur cette institution censée rapprocher les Maliens, le coordonnateur du groupement des leaders spirituels musulmans, Chérif Ousmane Madani Haïdara, estime que pour réussir sa mission, la commission doit être au dessus de tout soupçon et doit inclure en son sein toutes les sensibilités du pays.

 

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C’est une excellente chose que de relancer le dialogue social entre tous les fils du pays. Surtout après cette période de crise qui a compromis les rapports sociaux. Le dialogue auquel il est question ne doit pas être l’affaire des seuls politiques ou des religieux, il doit concerner tous les Maliens. Ce sont les Maliens qui doivent se parler sans exclusion. Autant le dialogue est nécessaire entre ceux qui vivent au nord autant il l’est aussi entre ceux qui sont  au sud. Ça ne doit pas être seulement l’affaire du pouvoir politique et de nos compatriotes vivant au nord «  a déclaré le prédicateur.  Il ajoute que ce dialogue est nécessaire y compris avec certains de nos compatriotes du nord (touareg) qui se disent lésés dans la gestion du pays. Mais à condition que ce dialogue puisse se faire sur le respect de la laïcité du pays et de l’intégrité territoriale. S’agissant du président de cette commission dont des noms de religieux ou de fortes personnalités de la société civile circulent déjà, Chérif Ousmane Madani Haïdara pense à juste titre  » que lorsqu’il s’agit de questions religieuses, les religieux sont sollicités mais quand il s’agit d’une responsabilité politique, les responsables politiques sont en première ligne, les religieux ne peuvent que les assister à travers des conseils « . Avant d’indiquer que  » ceux qui doivent faire partie de cette commission doivent être au dessus de tout soupçon, c’est-à-dire, des personnes dotées d’une forte moralité. Il est extrêmement important que nous nous donnons la main, que nous cultivons l’esprit de solidarité et de fraternité entre nous. Si nous sommes unis, il y a de forte chance que ce qui nous arrive aujourd’hui ne se   reproduise plus. Apprenons à nous accepter et à se dire la vérité, il y va de l’avenir du Mali qui est le bien commun à nous tous ».

Auparavant, le coordonnateur des leaders spirituels avait  plaidé devant des sénateurs français et l’ambassadeur de France au Mali venus lui remettre, il y a de cela quelques jours une médaille de la légion d’honneur française (pour son engagement pour la paix) pour la poursuite de l’intervention militaire française au Mali. Il a profité de l’occasion pour demander à ses hôtes que la France aide l’armée malienne à se doter d’équipements et de logistique. Cela pour qu’elle soit en mesure d’assurer sa mission régalienne après le départ des Français.Il a par ailleurs indiqué que le processus de sécurisation est d’autant plus difficile que ceux qui nous envahissent viennent le plus souvent de pays frontaliers du Mali. Et que pour pallier à cette situation, l’armée malienne a fortement besoin d’un appui logistique de la France.

Abdoulaye DIARRA

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