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Selon l’enquête d’opinion réalisée par la Fondation Friedrich Ebert Stiftung (13-20 février) : -76% des citoyens favorables à une présence militaire française permanente au Mali – 48% jugent positif le rôle de la CEDEAO

Que pensent les Maliens de la gestion de la crise sécuritaire ? Quelle lecture font-ils du rôle de la CEDEAO dans l’intervention militaire pour enrayer la menace jihadiste ? Quelle proportion de citoyens souhaitent une présence militaire française permanente au Mali ? Quid de la présence militaire américaine dans la région sahélo-saharienne ? Ce sont là des questions auxquelles l’ enquête d’opinion réalisée par la Fondation Friedrich Ebert Stiftung, dont nous avons commencé l’exploitation dans notre édition d’hier lundi 18 mars, a permis d’apporter des réponses. Concernant l’installation d’une base militaire du pays de François Hollande au Mali, 76 % des sondés y sont favorables ; pendant ce temps, 48% de la population trouve  positif le rôle de la CEDEAO.

Un peu plus des trois quarts des personnes enquêtées, soit 76% sont favorables à la présence militaire française permanente au Mali. Cette présence militaire est jugée soit  » très positive  » (39%) ou  » positive  » (37%) contre 13% qui la considèrent négative et 4% très négative. 5% sont sans opinion tandis que 3% sont dubitatifs ( » un peu favorablse « ). Ces opinions sont quasi identiques aux résultats de l’enquête de 2012. Ceux qui pensent négativement d’une présence militaire française sont beaucoup plus importants dans la tranche d’âge 50-64 ans, soit 21%.

Quid de la présence militaire américaine dans la région ?

La présence de forces militaires américaines dans la région (drones et militaires au Niger, au Burkina Faso, etc) est considérée comme positive à très positive par 78% de la population enquêtée contre 5% qui la jugent négative et 15% sont sans opinion. La proportion des sans opinion est plus élevée chez les femmes (22%) que chez les hommes (9%). Par contre, chez les partisans de l’intervention américaine, la proportion est globalement plus élevée chez les hommes (83%) que chez les femmes (72%).

Pour ce qui concerne une présence militaire américaine permanente au Mali, environ deux enquêtés sur trois (65,1) la jugent positive (36,7%) à très positive (28,4%) une présence militaire permanente des USA au Mali contre 21,8% qui jugent cette présence négative (17,4%) ou très négative (4,4%). Les sans opinion représentent 9%.

En rapport avec le niveau d’instruction, l’opinion des personnes de niveau supérieur est fortement nuancée. En effet, la proportion (25,3%) qui soutient que la présence militaire américaine au Mali est très positive est la même que celle qui pense que cette présence est négative.

Le rôle joué par la CEDEAO dans la gestion de la crise institutionnelle et sécuritaire au Mali est jugée positive à très positive par 48% de la population enquêtée, contre 32% qui l’apprécie négativement. Plus d’un citoyen sur dix (13%) a un jugement plutôt nuancé ( » un peu positive « ) et 9% sont sans opinion. La proportion de ceux qui apprécient négativement le rôle de la CEDEAO est relativement plus élevée chez les hommes (38%) que chez les femmes (22%). Par contre, la part des sans opinion est plus importante chez les femmes (14%) que chez les hommes (3%).

Par rapport aux résultats de l’enquête de novembre 2012, les opinions favorables à la CEDEAO ( » positive  » et  » très positive « ) ont relativement progressé (41,6 contre 48%) tandis que les opinions négatives sont restées plutôt stables (33,7% et 32%)

Les personnes de niveau supérieur sont celles qui soutiennent le plus (32,5%) l’idée d’un rôle négatif de la CEDEAO et 38,5% des personnes sans niveau défendent exactement le contraire. A propos du rôle de la Mauritanie (un pays dit du champ) la moitié des enquêtés (50,3%) juge négatif  (32,6%) à très négatif (17,7%) le rôle du pays du président Abdel Aziz dans la gestion de la crise au Mali contre 19% qui le juge contraire et 27% sont sans opinion. La proportion des enquêtés qui apprécient négativement son rôle est plus élevée chez les hommes (63%) que les femmes (37%).

Concernant l’Algérie (autre pays du  » champ « ), il faut signaler que presque la moitié des enquêtés (49%) jugent négatif (36%) à très négatif le rôle du pays d’Abdel Aziz Bouteflika dans la gestion de la crise malienne, 17% le jugent positif et 22% sont sans opinion. La proportion des enquêtés qui apprécient négativement son rôle est plus élevée chez les hommes (57%) que chez les femmes (41%).

Cette enquête de la Fondation Friedrich Ebert a mis un accent sur la présence de casques bleus au Mali avant la libération des régions du Nord. La présence des casques bleus au Mali, avant la libération totale des régions du Nord, ne fait pas du tout l’unanimité chez les personnes enquêtées. En fait l’opinion est plutôt partagée. Presque un tiers des enquêtés (31%) jugent cette présence positive, contre 34% qui la considèrent négative et 30% sont sans opinion. La proportion de ceux qui désapprouvent cette présence de casques bleus est plus élevée chez les hommes (49%) que chez les femmes (19%), tandis que le poids de ces dernières est davantage élevé chez les sans opinion.

Bruno D SEGBEDJI

Mali Web

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