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L’opposition syrienne se dote d’un Premier ministre intérimaire islamiste

Après 14h de débats, l'opposition syrienne a enfin élu à Istanbul ( Turquie ) un Premier ministre intérimaire. Il s'agit de Ghassan Hitto. Une demi-surprise car beaucoup s’attendaient à ce que le scrutin nécessite plusieurs tours pour dégager un vainqueur. Le Premier ministre intérimaire devrait annoncer dans les jours prochains les membres de son gouvernement.
Cinquante ans, né à Damas mais ayant passé plus de la moitié de sa vie aux Etats-Unis où il a fait fortune à la tête d’entreprises de communication, Ghassan Hitto est très impliqué dans les actions humanitaires en direction de son pays. Il avait rejoint le Conseil national syrien, principale composante de la Coalition, à l’automne dernier.

« Ghassan Hitto a gagné avec 35 voix sur 49 », a annoncé Hicham Marwa, membre de la Coalition, au terme du dépouillement des bulletins de vote. Comme cela a bien souvent été le cas depuis ses débuts, l'opposition syrienne a encore eu beaucoup de mal à se mettre d'accord, après déjà deux reports de cette élection. Et même si le chef du gouvernement intérimaire a bien été élu démocratiquement, plus d'une vingtaine des 73 membres de la Coalition avaient auparavant quitté, dans des éclats de voix, le concile qui préludait au vote, auquel ils n'ont donc pas participé.

Pour une plus grande visibilité extérieure

Tout le monde au sein de cette opposition n'était pas convaincu de la pertinence même de la création d'un gouvernement intérimaire. L'option a finalement été retenue pour s'assurer une plus grande visibilité extérieure et des moyens plus étendus pour travailler, pour peu que la communauté internationale reconnaisse pleinement et soutienne cet organe.

Ghassan Hitto, issu des rangs de la confrérie islamiste des Frères Musulmans, a désormais pour mission de former un cabinet et d'ancrer son travail sur le terrain, en Syrie même. Il a obtenu pour cela les garanties de sécurité du commandant de l'Armée syrienne libre, Selim Idriss. Venu à Istanbul pour afficher son allégeance à l'opposition politique au régime de Bachar el-Assad, celui-ci a voulu également dissiper les soupçons d'une rébellion éclatée, voire dominée, par les groupes jihadistes.

Tunisie Focus

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