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Robert Mugabe, accompagné de sa femme, dans la basilique saint Pierre au Vatican, le 1er mai 2011. REUTERS/Alessandro Bianchi
Robert Mugabe, accompagné de sa femme, dans la basilique saint Pierre au Vatican, le 1er mai 2011. REUTERS/Alessandro Bianchi

Mugabe, pèlerin et enfant de chœur au Vatican

Le pape François a célébré la messe inaugurale de son pontificat en présence de nombreux dignitaires... et de quelques dictateurs aussi, dont le président zimbabwéen.

On le savait persona non grata en Europe. Pour dire les choses, il est tout bonnement interdit de séjour dans l'espace européen. Et pourtant, le président zimbabwéen a assisté à la messe marquant le début du ministère pétrinien du pape François, ce mercredi 19 mars 2013, aux côtés de nombreux autres dirigeants du monde.

Une messe auquel le dictateur d'Hararé a assisté en toute quiétude, ce d'autant plus que le Vatican, Etat souverain, ne fait pas partie de l'Union européenne.

Seulement, comme le rappelle, le site du quotidien sud-africain The Mail and Guardian , ce voyage n'est pas une grande première. Malgré l'interdiction de territoire européen dont il fait l'objet, celui qu'on appelle au Zimbabwe «le Vieux», s'est déjà rendu à plusieurs reprises au Saint-Siège. Et le président zimbabwéen, éduqué dans une école de missionnaires jésuites, se faisait, peut-être, un point d'honneur à assister à la messe de début de règne du premier pape jésuite de l'Histoire.

Mais déjà, en 2005, sa venue pour les funérailles du pape Jean-Paul II avait fait couler beaucoup de salive, en raison notamment d'une poignée de main entre le président ostracisé et le prince Charles. En 2011, Mugabe remettait ça, à l’occasion de la béatification du même Jean-Paul II. 

Dans des propos rapportés par Reuters, le porte-parole du Vatican s'est exprimé sur le sujet a expliqué que les portes de l'Etat du Vatican (0,44 kilomètre carré) restent ouvertes à tous:  

«Il n'y a pas d'invitation. Il n'y a pas de passe-droit et personne n'est exclu. Cela doit être clair.»

Au même moment, le Zimbabwe connait une ouverture démocratique. Les Zimbabwéens ont voté dans le calme lors d'un referendum constitutionnel. La nouvelle Constitution adoptée majoritairement, devrait limiter les pouvoirs du président. 

Celle-ci n'empêchera pas Mugabe de se présenter à la prochaine élection présidentielle de juillet 2013, mais elle limitera ensuite les mandats présidentiels et renforcera le pouvoir du Parlement.

Une ouverture tout de même relative. Le scrutin ne s'est pas déroulé sans incidents. La police zimbabwéenne a aussi arrêté, dimanche 17 mars 2013, un militant des droits de l'homme, ainsi que trois conseillers de Morgan Tsvangirai, opposant historique de Mugabe devenu son Premier ministre.

Lu sur The Mail and Guardian

 

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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