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Vives tensions foncières à Rufisque : C’est la guerre entre la famille Thiombane, la Sde et la SIPS

Dans la vieille ville, la tension est perceptible. Si la famille Thiombane, celle là même qui compte le Djaraf Diabel Thiombane, parmi ses fils, est aujourd'hui mobilisée, c'est pour faire face à des sociétés comme la SDE et la SIPS qui auraient accaparé ses terres et qui refuseraient de les rendre, malgré des décisions de la justice favorables. Tout le monde est prêt à en découdre, et l'Etat ne devrait pas attendre un bain de sang, pour intervenir.


Les Thiombane sont donc sur le qui-vive et chaque matin, attendent de pied ferme les occupants qui auraient juré d'avoir le dernier mot, sous prétexte que dans ce pays, un bon trésor de guerre peut prévaloir sur tout, même si de bonnes volontés comme Cheikh Ibrahima Diop, le médiateur social que nous avons trouvé sur place samedi dernier, essaye de calmer la situation, en appelant à la raison.
Nous sommes au début des années 90. Au nom et pour le compte des ayant-droits, il est restitué des terrains objets de titres fonciers à Mbao. Les immeubles et terres expropriés sont remis aux bénéficiaires représentés par Diabel Thiombane, grand Djaraf de Rufisque. Mais, tout ne se passera comme sur des roulettes. Quelques années après, sans doute, à cause du boom foncier, le représentant de l'Etat, en l'occurrence, le receveur des Impôts et domaines de Pikine, n'est pas d'accord. Il interjette appel. Le tribunal Hors Classe de Dakar le déboute et confirme le premier jugement. Cela ne réussira pas à le décourager. Il saisira, alors, le Conseil d'Etat. Mais, le 12 Décembre 2007, ce sera encore pareil. L'instance va le désavouer de nouveau et confirmera la rétrocession des terrains à la famille Thiombane, propriétaire légitime des terrains.
Entretemps, cependant, il y eut des morcellements. Une partie du site avait été vendue, tandis qu'une autre fera l'objet de bail. Avec pour principaux clients : la SIPS, la SDE, la SBM (Biscuiteries de Médine). La superficie des 38 hectares qui appartiennent à la famille Thiombane, se trouvera réduite à 12 ha. Les 26 Ha avaient été bazardés. Il y eut beaucoup de complicités administratives dans cette affaire, beaucoup de conciliabules, aussi. Des années durant. Et le 28 février 2012, Vincent Bidi, le directeur de l'enregistrement des Domaines et du timbre, écrit au chef de bureau des domaines de Pikine, dans le cadre d'une recherche de solution pour le règlement des divers contentieux, et l'état des lieux. Une fois de plus, la famille Thiombane va se retrouver légitimée dans son désir de retrouver ses biens.

Malgré tout, jusqu'au moment où vous lirez ces lignes, elle va connaître des problèmes pour recouvrer, car le receveur de Pikine ne sera pas d'accord. Il aurait exigé la somme de 80 millions pour transiger mais, les ayants droits, sûrs de leur légitimité, auraient refusé de payer. Depuis, c'est le statuquo. Mais, ce que ne comprend surtout pas le Diaraf Diabel qui a fait plusieurs dons de terres sur le site, et même offert un complexe islamique aux populations de la localité, c'est cette impunité à laquelle il fait face, alors que tous les terrains appartiennent à sa famille, qu'il représente. Si on ajoute que les locataires du site, dont un certain Boucoroum, représentant de la SIPS, veulent se l'approprier avec des menaces à peine voilées, genre : «vous perdez votre temps, l'argent règle tout dans ce pays», l'on comprend aisément que les membres da la famille crient leur ras le bol à la face du monde, surtout quand ils ont appris que les «locataires» voulaient envahir les lieux pour les mettre devant le fait accompli.
C'est pourquoi, ils ont de nouveau saisi la Justice, mais tous les jours, se pointent sur le site par dizaines, pour décourager toute tentative d'accaparement. Et sans doute aussi, en se demandant qui arme ces sociétés qui ont toutes fait un détournement d'objectif, en élisant domicile sur le site pour un usage industriel et qui en font un usage d'habitation.
Cheikh Ba
REWMI QUOTIDIEN

Rewmi

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