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Migrants : l’affaire de la patera heurtée par la garde civile espagnole

Il y a quelques mois un bateau de migrants coulait au large des îles espagnoles des Canaries. La patera, le bateau qui transportait les migrants, aurait été harponné par le bateau des gardes-côtes espagnols. Une affaire qui rappelle celle du Liberté 302, une frégate de la Garde nationale tunisienne, qui aurait coupé en deux une embarcation de harragas de Zarzis en 2011.

Le 13 décembre 2012, au large des Canaries, une patera, petit bateau de pêche espagnol, à bord duquel se trouvait 25 migrants, sombrait après un accrochage avec un bateau de la Garde civile espagnole.Accident ou acte volontaire de la part des gardes côtes espagnols ? Une vidéo de l’incident a été diffusé, ce qui est une première. Le bateau des garde-côtes semble en tord. Mais le juge espagnol en charge de l’affaire a mis en cause la responsabilité des migrants du fait de la man½uvre exécutée.

Le naufrage, survenu au large de Sidi Ifni a fait un mort, six disparus et s’est soldé par l'arrestation de 15 jeunes dont deux mineurs. Les migrants disent que la Garde civile les a volontairement harponnés. Et lorsque l’on sait que l’Europe dépense un énorme budget en équipements et moyens humains pour s’assurer que ses frontières ne sont pas franchies par des migrants du sud, à la recherche d’une vie meilleure au nord, aussi inhumaine que soit la thèse elle peut paraître probable.

Le visionnage d’une vidéo diffusée par une chaîne de télévision espagnole ( Cadena SER ) renforce d’ailleurs l’idée. Il s’agit d’un enregistrement provenant d’un système de surveillance vidéo. On y voit le bateau de la garde civile faire demi-tour lorsqu’il croise l'embarcation des migrants, puis accélérer avant d’entrer en collision avec ce dernier.

L’affaire a été portée en justice. L’ambassadeur d'Espagne au Maroc a été convoqué par le ministère des Affaires étrangères et de la coopération. La vidéo de surveillance n’a rien changé à la donne et hier le juge en charge de l’affaire a mis en cause de la responsabilité des migrants.

Cette affaire rappelle la tristement célèbre affaire tunisienne du Liberté 302. Le 11 février 2011 une frégate de la Garde Nationale tunisienne aurait foncé sur une embarcation et faisant 23 morts. Les rescapés sont ramenés à Zarzis.

La veille, le 10 février, 120 migrants embarquent à bord du Rais Ali II. Le 11 au matin le bateau arrive en eaux internationales et aurait été intercepté par les garde-côtes tunisiens, a bord du El Houria302, Liberté 302. Les garde-côtes tunisiens auraient demandé l'arrêt du moteur et auraient fait mettre l'ensemble de l'équipage du bateau à genoux. Une fois le bateau de migrants à l'arrêt, la frégate des garde-côtes aurait relancé son moteur et éperonné le bateau de migrants en le coupant en deux. Sur les 120 occupants, 17 personnes disparaissent durant le naufrage, 5 corps sont récupérés et les 98 autres migrants sont pris en charge par les garde-côtes.

Alors que la justice espagnole n’a pris que quelques mois pour se prononcer en Tunisie deux ans après le drame aucune décision n’a été rendue.

Nawaat

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