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Luc Adolphe Tiao : « Je voudrais rassurer les parents d'étudiants que le blanchiment technique n'est pas l'année blanche »

L'exécution du programme du Premier ministre Luc Adolphe Tiao dans le cadre de sa visite ce 18 mars 2013 des universités de Ouagadougou et de Ouaga II a pris fin par un point de presse. Tenu au Premier ministère au lieu du campus, comme d'autres activités du programme du fait de manifestations d'étudiants mécontents, ce point de presse a été l'occasion pour le Chef du gouvernement de revenir en détail sur son adresse à la communauté universitaire dans son ensemble. Et l'explicitation du blanchiment technique du cursus universitaire a été un point d'honneur.

Après avoir visité des infrastructures en construction aux universités de Ouagadougou et de Ouaga II, Luc Adolphe Tiao a livré un discours à l'attention de l'ensemble de la communauté universitaire. Dans le déroulement de ce discours perturbé par des coupures de courant, le Premier ministre a laissé entendre qu'une mesure de blanchiment technique est en voie. Ce qui selon lui, permettra de rattraper d'ici à la rentrée académique 2015-2016 les retards jusque-là accusés dans les calendriers universitaires. Et cette annonce n'a pas été favorablement accueillie par les étudiants qui ne voulaient pas entendre parler d'année blanche.

Bref tour d'horizon sur la situation actuelle du déroulement des cursus au cours de ce point de presse. Le Premier ministre note y relever un chevauchement d'au moins trois promotions d'étudiants. « Ça ne peut pas continuer comme ça », martèle le Chef du gouvernement. Il faut normaliser le cursus universitaire.

Dans ce sens, et sur la base de propositions faites par le ministre des enseignements secondaire et supérieur, la mesure de blanchiment technique a été retenue. Et cette mesure, à en croire le Premier ministre, n'aura pas de conséquences sur la carrière des étudiants.

Blanchiment technique : qu'en est-il au juste ?

Des explications, il ressort que les étudiants qui doivent normalement s'inscrire en 2011-2012 du fait d'un retard dans le démarrage de l'année académique alors qu'on est en 2012-2013, seront inscrits au titre de l'année académique 2012-2013. Ce qui revient à blanchir 2011-2012 pour eux. L'administration doit prendre un texte pour effacer cette année académique 2011-2012.

Il y a par exemple des bacheliers qui ont commencé leurs cours en juin dernier ; et si on devrait continuer normalement, ceux-ci n'auraient pas encore fini leur 1ère année. On va arrêter leur année par un acte administratif, et les inscrire pour cette année 2012-2013 en 2è année avec le bénéfice de l'accompagnement social estimé pour l'ensemble des étudiants du fait de ce blanchiment technique à 710 millions de francs CFA.

L'avantage de l'accompagnement social dans le cadre de cette mesure, c'est que les étudiants qui auront perçu leur bourse ou prêt au cours de cette année blanchie, seront traités comme n'ayant rien perçu.

Cette mesure de blanchiment doit rentrer en vigueur les jours à venir. Il y aura rapidement les textes qui vont la valider.

Luc Adolphe rassure les parents d'étudiants

« Je voudrais rassurer les parents d'étudiants que le blanchiment technique n'est pas l'année blanche. Nous n'avons pas déclaré une année blanche, qu'ils soient rassurés », a lancé le Premier ministre à l'endroit des parents d'étudiants. Et de poursuivre, « leurs enfants continueront à aller aux cours normalement ». Pour lui, il ne sert à rien de chercher à rattraper des années qui ne pourront jamais être rattrapées.

« Le blanchiment technique ne pénalise pas du tout les étudiants ; ils conservent tous leurs acquis », précise-t-on à la Primature. Et l'objectif fixé, c'est qu'à partir de la rentrée 2015-2016, on ne parle plus de retard dans les cursus universitaires ; tous les étudiants pourront rentrer en même temps. « Nous tenons à les rassurer que ce blanchiment technique n'est pas l'année blanche et n'aura pas de conséquences sur la carrière des étudiants ; il nous permet d'avancer sans pénaliser les étudiants », précise le Chef du gouvernement.

Autres réalités de nos universités vues par le Premier ministre

Le flux des étudiants est estimé aujourd'hui entre 45 000 et 50 000 étudiants. Le développement des effectifs a été plus rapide que celui des infrastructures, tenant notamment à un défaut de planification. « Nous avons décidé de planifier de sorte que le développement des infrastructures puissent correspondre à celui des effectifs plus ou moins », a indiqué le Chef du gouvernement.

Le système LMD en lui-même n'est pas remis en cause ; c'est la façon dont il a été introduit au Burkina, qui a connu beaucoup d'insuffisances. L'ensemble des acteurs n'a pas été associé à son processus de mise en ½uvre, et il y n'a pas eu des mesures d'accompagnement. A propos, Luc Adolphe Tiao dit avoir « demandé au ministre des Enseignements secondaire et supérieur de remettre la réflexion à plat, pour mettre en marche ce système sans pénaliser les étudiants ». « Quoiqu'il en soit, les étudiants ne peuvent pas de nos jours, se dérober du système LMD », peut-on entendre.

Il y a également la question des enseignants. Au Burkina, on a 500 enseignants pour 45 000 étudiants. Il importe de mener des réflexions sur l'augmentation du nombre d'enseignants et sur l'amélioration de leurs conditions de travail.

Il y a un malaise relativement à la vie sociale des étudiants. Pour manger, c'est la croix et la bannière ; pour se déplacer, ce n'est pas facile. Pour le transport des étudiants, l'Etat s'est endetté à plus de 11 milliards de FCFA pour trouver des bus. Malheureusement, les syndicats d'étudiants n'ont pas été reçus comme initialement prévus, pour en dire davantage sur leurs vrais problèmes ; ils devront attendre que « le climat soit favorable au dialogue », confie-t-on au Premier ministère.

Dans ce tour d'horizon sur les réalités de nos universités, Luc Adolphe Tiao note l'absence de connexion internet adéquate sur le campus. « Ce n'est pas normal que sur un campus universitaire, on n'ait pas une connexion internet fluide ; il faut aussi que la question du télé-enseignement soit prise au sérieux afin que les étudiants ne soient pas obligés de se déplacer sur le campus pour suivre un cours ».

Dans la perspective d'effacer ce tableau sombre de nos universités, le Premier ministre dit avoir « mis en place un comité technique chargé de faire des propositions ; et ce comité a estimé qu'il faut 1 910 milliards pour régler l'ensemble des problèmes de nos universités, problèmes qu'il a répertoriés dans son rapport ».

Il importe aujourd'hui que le secteur privé soit associé aux réalisations au sein de nos universités, pense Luc Adolphe Tiao. De même, les présidences d'université doivent jouer leur partition dans la gouvernance universitaire.

« A mon bref passage à l'université de Ouagadougou, j'ai eu un enseignant, Aimé Nikièma, un professeur de Droit constitutionnel à qui je tiens à rendre un hommage. Pour ce faire, j'ai décidé d'accorder deux bourses d'excellence au profit d'étudiants inscrits en droit », a annoncé le Chef du gouvernement.

Fulbert Paré

Lefaso.net

Le Faso

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