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Autant le dire… : Ils ont lapidé le Premier ministre ?

On comprend pourquoi l'université de Ouagadougou est dans un tel désordre académique. Luc Adolple Tiao, le Premier ministre, en y allant ce matin du lundi 18 mars, n'avait aucune intention que d'aller visiter des infrastructures et rencontrer la communauté universitaire.

Parce que l'Université de Ouagadougou a des problèmes. De vrais problèmes. Le programme académique est tellement mélangé que personne, même pas les étudiants ne peuvent savoir quelle année universitaire est en cours. L'année 2010-2011, n'est pas encore close pour toutes les filières. C'est dire que 2011-2012 n'a pas encore débuté. De 2012-2013, n'en parlons donc pas. C'est dans un tel contexte que le Premier ministre a décidé d'aller à la rencontre de tous les acteurs de la communauté universitaire afin qu'ensemble, sans exclusive, on trouve des solutions. Et voilà qu'une partie des acteurs, des étudiants, les principaux concernés décident d'accueillir Luc Tiao par des jets de pierres. C'est à ne rien comprendre.

Mais à l'analyse, on peut bien comprendre. Car, en vérité, ce sont les mêmes étudiants et comportements qui ont contribué à ce que l'Université de Ouagadougou soit dans l'état dans lequel elle se trouve actuellement. C'est à se demander si ce sont de vrais étudiants. Si c'est bien le cas, ce genre de comportement qui ne fait pas d'eux de futurs responsables, doit être fortement condamné par les vrais acteurs de l'Université. C'est l'occasion pour les vraies organisations estudiantines, les syndicats des enseignants et l'administration de prendre leurs responsabilités face à cette dérive. On comprend plus aisément la fermeté avec laquelle le corps professoral avait condamné l'agression physique d'un des leurs à Koudougou. Parce que, si l'Université doit être transformée en lieu de pagaille, de vindicte et de délinquance, il faut craindre pour toujours.

Aussi, le Premier ministre, et à travers lui le gouvernement, doit aller jusqu'au bout. L'université de Ouagadougou ne peut pas rester dans un tel désordre. La réforme est indispensable et c'est le moment de la mener. Au cas où ils ne seront pas de vrais étudiants, il va falloir frapper plus fort car, il s'agira purement et simplement de la nuisance. Dans ces conditions, il faut retrouver ces délinquants et les sanctionner fortement parce qu'ils sont des agresseurs. Les étudiants doivent comprendre que les réformes qui sont en vue ne le seront pas sans leur consentement. En d'autres termes, leurs préoccupations seront prises en compte. Car, si les choses devraient rester en l'état, les premiers perdants, ce sont bien eux. Luc Tiao n'a pas besoin de retourner aujourd'hui à l'Université. Aucun des membres de son gouvernement, sans doute, non plus. Quelles peuvent donc être leurs intentions d'aller nuire à la communauté universitaire ? Sans doute qu'ils auraient préféré ne pas y aller s'ils avaient le choix.

Domba Jean-Marc Palm, Maître de Recherches à l'INSS/CNRST dit ceci dans L'Evènement N°248 du 25 janvier 2013 : « Les jeunes ...ne sont que de la chair à canon que l'on manipule sans leur dévoiler les objectifs et les buts visés. C'est un crime politique parce qu'ils n'ont pas une conscience claire du rôle qu'on leur fait jouer ». ( ...) « Il est temps que les élèves et les étudiants sortent de ce piège qui ne les conduit nulle part. Que la nouvelle génération scolaire et estudiantine s'informe auprès des anciens pour comprendre et connaître les conséquences néfastes de cette voie aventuriste que ces manipulateurs avaient fait suivre à leurs aînés. Ils doivent se prendre en mains, ne plus servir de bras séculiers à certaines formations politiques, mener des luttes qui les concernent effectivement et se départir de l'exécution des mots d'ordre qui sont loin de leurs préoccupations ». A méditer.

Dabaoué Audrianne KANI

L'Express du Faso

Le Faso

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