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Troublantes accointances entre Nicolas Sarkozy et l’Emir du Qatar… - En vue de son retour à l’Elysée et… de l’enjeu malien

S'il existe une position commune entre l'ex-président français Nicolas Sarkozy  et l'Emir du Qatar, c'est bien leur opposition à l'intervention militaire française au Mali. Le premier, désormais soutenu par le second n'écarte plus l'éventualité de revenir  aux affaires dans son pays et, peut être, de parachever son ½uvre au Mali et ailleurs avec la bénédiction du tout puissant qatari.
« Que fait-on là-bas [au Mali] sinon soutenir des putschistes, et tenter de contrôler un territoire trois fois grand comme la France, avec quatre mille hommes ?… On ne va jamais dans un pays qui n'a pas de gouvernement ».
Ces propos de l'ex-résident français parus dans le magazine « Valeurs actuelles » n'ont pas manqué de soulever le tollé au sein de  son propre parti. Au delà de leurs caractères politiquement incorrects, ils réconfortent la position de l'Emirat du Qatar fortement soupçonné de soutenir les insurgés du  nord Mali tout comme M. Sarkozy traîne derrière lui l'ombre des indépendantistes touaregs au Mali.
En clair, pendant que le  premier ministre qatari Cheikh Hamad ben Jassim al-Thani s'oppose à l'intervention française au Mali, préconisant plutôt le dialogue, Nicolas Sarkozy lui, s'indigne de la présence des troupes françaises sur le sol malien. Deux avis qui n'en font, en vérité qu'un. Ils souhaitent tous les deux le retrait des armées étrangères et françaises en particulier. Et pour cause.
La presse française elle, accuse vertement le Qatar « de souhaiter voir le Nord Mali faire sécession tout comme elle avait soutenu la sécession du Soudan Sud du Soudan. Ceci permettrait au Qatar de forger des liens étroits avec la nouvelle nation - qui est supposée être riche en pétrole et en gaz - et d'étendre ainsi son influence en direction de l'Afrique de l'Ouest et de l'Afrique sub-saharienne» (source Mondialisation.ca).
En juin dernier, l'hebdomadaire Le Canard Enchaîné, affirmait que « le Qatar finance les islamistes au Mali ». Il citait des sources du renseignement militaire français selon lesquelles, « le Qatar apportait, par le biais de la société du Croissant Rouge entre autres, un soutien financier à divers groupes : les insurgés touaregs du Mouvement national de la libération de l'Azawad (MNLA), l'Ansar-Dine, l'organisation al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) et son groupe dissident, le Mouvement pour l'unicité et le Jihad en Afrique de l'Ouest (MUJAO) ».
Pour sa part, l'Express soulignait que « le Qatar avait poursuivi une stratégie identique en Libye. En Tunisie et en Egypte, la monarchie al-Thani avait financé en 2011 et en 212 les partis politiques des Frères Musulmans en tant que partie intégrante de sa stratégie plus générale de porter au pouvoir des gouvernements islamistes basés sur les Sunnites, dans le but d'écraser l'opposition au sein de la classe ouvrière arabe, de cibler le régime chiite en Iran et de renforcer sa propre position contre l'Arabie saoudite ».
En clair, le Qatar est, à l'unanimité des observateurs maliens et français, considéré comme le principal instigateur des mouvements jihadistes et indépendantistes au Mali et dans le reste du Sahel.
Et Nicolas Sarkozy alors ? Au Mali, le doute n'est pas permis à son sujet. A travers la campagne libyenne, il a armé et soutenu les mouvements  islamistes indépendantistes. A propos, la presse française révèle que « Sarkozy avait cherché à renforcer la position économique déclinante de la France en courtisant l'émir du Qatar, en vendant 80 Airbus à Doha pour sa compagnie aérienne Qatar Airways, en lui livrant jusqu'à 80 pour cent de ses armes et en encourageant le Fonds souverain du Qatar à acquérir à hauteur de 70 milliards de dollars US d'actifs français... La France a promulgué une loi spéciale exonérant de taxes l'émir et d'autres investisseurs qataris qui ont acheté des valeurs immobilières françaises. Elle a même proposé à Doha d'adhérer à son Organisation internationale de la francophonie (OIF), approuvant les écoles de langue française qui sont soumises à l'administration qatarie au Golfe, au Maghreb et en Afrique » (Mondialisation.ca).
Pour sa part,  Nabil Ennasri, chercheur, auteur de L’Enigme du Qatar, (déjà dans les kiosques, « il existait entre Nicolas Sarkozy et le Qatar une grande connivence sur nombre de dossiers diplomatiques, dont le plus connu est le dossier libyen. Nicolas Sarkozy voulait privilégier le Qatar pour accéder au grand marché économique du Golfe. La relation s’est fortement personnalisée entre le couple Sarkozy et l’émir ».
En définitive, les accointances entre les deux hommes à propos du Mali ne font le moindre doute : unis pour le meilleur et... le pire pour le Mali !
Il critique l'intervention militaire au Mali et obtient une proposition alléchante de l'Emir
La coïncidence est tout simplement troublante. Quelques jours seulement après sa sortie médiatique très controversée sur la présence française au Mali, M. Sarkozy obtient une proposition fort intéressante de l'Emir du Qatar.  Selon le « The Financial Times », considéré à raison comme la bible du monde des affaires,  Nicolas Sarkozy serait courtisé depuis quelque temps déjà par plusieurs fonds souverains, dont celui du Qatar, pour prendre la tête d’un fonds d’investissement. Une structure basée à Paris, qui pourrait être forte de 500 millions d’euros (environ 312 milliards F CFA). L’ancien président n’y aurait qu’un rôle « non exécutif », se contentant, selon, le quotidien britannique, d’« ouvrir des portes » et d’« initier » des opérations grâce à ses « relations ».
312 milliards F CFA ! Et ce n'est qu'un début ! D'ores et déjà, une conférence présidée au Qatar et une autre à Abu Dhabi, ont permis à l'ancien président d'empocher de plus de 200.000  dollars (plus de 120.millions F CFA. « Nicolas Sarkozy reçoit beaucoup ces derniers temps » note la presse française.
Une révélation qui tombe au même moment que celle relative à une possible candidature de Nicolas Sarkozy à la présidentielle française de 2017.  Selon des indiscrétions parues dans la presse française en effet, M. Sarkozy n'écarte plus l'idée d'un come-back.
Le dimanche 10 mars dernier, son ancien secrétaire général à l’Elysée affirmait en effet sur RFI que « Ce n’est pas parce qu’il est ancien président de la République qu’il est voué à devenir trappiste » [trappiste, relatif aux moines trappistes qui avaient décidé de se retirer de la société et de vivre leur foi- NDRL).
A l'UMP, toujours selon la presse française, l'on « ne doute pas  depuis le 7 mai 2012  que notre  meilleur candidat en 2017 s'appellera Nicolas Sarkozy ». Pour sa part, Alain Juppé, affirme : « il y a chez Nicolas Sarkozy une forte envie d'être candidat en 2017 ». Toute chose, selon des observateurs qui expliquerait ses sorties médiatiques, une manière de se remettre en selle. Et l'on est en droit de dire qu'il bénéficie pour ce faire du soutien du tout puissant Emir qatari.
Seule bonne nouvelle pour les maliens, du moins pour l'instant : près des deux tiers des Français (62 %), ne souhaitent pas pour le moment son come-back, selon un récent sondage BVA - (BVA : Brulé Ville et Associé, premiers instituts de sondage en France. Ouf !
B. S. Diarra

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