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Zambie: l'ex-président Banda interrogé par une commission d'enquête

L'ancien président Rupiah Banda, soupçonné de corruption par le pouvoir zambien, s'est présenté lundi matin devant une commission d'enquête gouvernementale, trois jours après avoir été privé par le Parlement de son immunité présidentielle, a constaté l'AFP.

Les enquêteurs ont convoqué l'ancien président, qui est âgé de 76 ans, pour répondre à des accusations de corruption, blanchiment d'argent et fraude.

Il pourrait être arrêté à l'issue de son audition.

Rupiah Banda, qui a été président de 2008 à 2011 avant de perdre les dernières élections, avait refusé de se présenter devant une commission anti-corruption en février, en mettant en avant son immunité.

Le Parlement a aboli cette immunité vendredi, alors qu'il se plaint d'être persécuté par son successeur Michael Sata --son vainqueur de 2011, que l'opposition accuse depuis de dérive autoritaire.

"M. Banda a personnellement détourné d'importantes sommes d'argent et ses activités constituent des actes de blanchiment d'argent (...). Les enquêtes sont terminées et l'équipe juridique constituée", a affirmé vendredi le ministre de la Justice Wynter Kabimba devant les députés zambiens.

M. Banda est, selon lui, impliqué dans une affaire de corruption concernant l'approvisionnement en pétrole brut auprès d'une compagnie nigériane. Il est aussi soupçonné de détournement de fonds publics pendant la campagne électorale.

Robert Amsterdam, l'avocat de l'ancien président, a qualifié samedi ces poursuites de "farce". Mais l'ONG Transparency International a applaudi, se félicitant qu'il puisse répondre aux accusations.

La campagne contre la corruption lancée par le président Sata a été dénoncée par l'opposition comme une chasse aux sorcières.

Ces derniers mois, de nombreuses personnalités d'opposition ont été arrêtées pour diverses infractions, notamment dans le cadre de cette campagne anti-corruption.

AFP

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