mis à jour le

Avec un pouvoir tortionnaire et liberticide : La démocratie malienne prend du plomb dans les ailes

Le monde nous observe, mais les tortionnaires ne démordent pas. Encore une fois la presse est victime d’abus du pouvoir, avec la caution du Président par Intérim qui, par méconnaissance des textes, fait fausse route. On n’est pas en mathématiques, le professeur Dioncounda Traoré s’est planté au lieu de prendre en compte les conseils idoines que les professionnels du métier lui auraient prodigués. Qui viendra sauver le Mali ?

Boukary Daou

Depuis mars 2012, Bamako est le théâtre de violentes exactions sur les citoyens dans l’exercice de leur fonction notamment d’hommes politiques et de journalistes qui, il faut le dire, sont les piliers de la démocratie. Depuis mars 2012, voulant mettre la croix sur 20 ans de démocratie chèrement acquise dans notre pays, des militaires ont cru que tout est à refaire à leur profit, soutenus par des agités qui ne sont que minoritaires dans le microcosme politique malien. Il fallait faire de la mutinerie du 22 mars un véritable coup d’Etat.  Sanogo devait bénéficier des honneurs dus à un Président de la République. Et on changerait tous les élus, pour nommer des hommes sans véritable assise politique et qui savent qu’ils n’en auront jamais dans ce pays. C’est cela leur changement : ôtes-toi que je m’y mette !

Pour le Capitaine Sanogo, ceux qui n’apprécient pas le renversement du pouvoir ont eu quelque chose. Nous lui rétorquons qu’il a tout faux. Ce que nous n’apprécions pas, c’est le coup d’Etat. Et ce coup d’Etat, comme tous les autres, n’a fait que mettre le pays à genoux. Par rapport à Att, les journalistes n’ont eu aucun profit avec un pouvoir consensuel qui a tué les activités politiques. D’ailleurs, après tout, Att était un militaire et beaucoup de militaires dont Amadou Haya Sanogo lui doivent tout. Pendant dix ans, Att n’a fait qu’offrir le siège de la Maison de la Presse aux médias. Militaires, policiers, et beaucoup d’autres ont eu également leurs maisons, car Att ne faisait qu’offrir des maisons dont les Attbougou. Alors qu’on nous foute la paix, nous avons été plus misérables sous Att que les membres du CNRDRE, de la COPAM, de MP22 : Sanogo, Oumar Mariko, Younouss Hamèye Dicko, Hamadoun Amion Guindo qui ont sucé le pouvoir Att soit à l’EMIA ou aux Etats-Unis (nous on est resté au Mali), soit à l’Assemblée Nationale, soit au ministère, soit à la tête d’un syndicat national. On se connaît tous dans ce pays.

Foulant aux pieds la loi et les règles élémentaires de gestion de la cité, le pouvoir organise des braquages, des enlèvements, des agressions. Encore là, Sanogo n’en est pour rien, mais non plus il ne nous dit pas qui en est pour quelque chose. La SE ne dit et ne fait rien comme enquête. Dioncounda ne bronche pas.

Lorsqu’il était contesté par les maîtres du jour, le Président par intérim a lui-même été victime de ces agressions barbares que nul ne revendique car il s’agit d’agressions lâches et inavouables. Jusqu’à ce jour, ces agresseurs, ces militaires cagoulés, cette milice manipulée, ces fossoyeurs de la démocratie poursuivent leurs sales besognes dans l’impunité. Ils se croiraient peut-être au-dessus de la loi. Mais un jour ou l’autre, tout va se savoir. Nous savons déjà beaucoup de choses dissimulées au temps d’Att. Dans un an, on saura tout de la transition. Les langues se délieront.

La Sécurité d’Etat, qui vient d’abuser de la presse, n’est pas à la première action liberticide. C’est elle qui a interpellé Saouti Haïdara le doyen, par la suite tabassé par des hommes cagoulés sans que l’on puisse nous dire jusqu’ici ceux qui l’ont agressé. Il ne nous a jamais d’ailleurs été indiqué qui agresse les journalistes depuis du temps de Alpha avec Cheick Oumar Konaré, de Att avec  » Dragon  » de Radio Kledu jusqu’au cas de Abdramane Keita avec le pouvoir Dioncounda – C. M. D. – Sanogo.

Toutes ces agressions, et l’interpellation abusive de Boukary Daou sont contraires à la loi sur la presse qui interdit la détention préventive. Pis, le journaliste a droit à un Conseil dès les premières heures de son interpellation. Toutes choses que la SE ne lui accorde point. Que feriez-vous chaque fois qu’un journaliste est agressé ou détenu à tort ? Avez-vous jamais accordé de dommage à un Malien parce que la police l’a arrêté à tort ? Si cela peut même passer pour les présumés voleurs ou les présumés déserteurs du champ de bataille, cela ne passe pas pour le journaliste dans l’exercice de ses fonctions. Ils sont traduits devant le tribunal dans les règles de l’art et punis avec la dernière rigueur pour rendre davantage crédible cette noble profession. Alors, que cessent les exactions de la SE ! Notre sanction, c’est le tribunal des confrères et le verdict du juge. Allez trouver Iyad Ag Ghaly et autres terroristes pour honorer le mandat d’arrêt lancé contre eux !

Dioncounda a osé confirmer qu’il est favorable à cette attestation, ou qu’il en est l’instigateur, en promettant la libération s’il n’y a rien derrière cette affaire. Mais déjà, c’est Dioncounda lui-même que nous voyons derrière cette affaire, avec son bâton de commandement pour défendre le capitaine de Kati, et donc séquestrer la presse à la SE. Avec sa déclaration publique sur la chaîne nationale, nous concédons à Sanogo qu’il ne soit pas l’auteur de cette cabale contre la presse. Surtout que depuis son périple à l’extérieur du pays, Dioncounda cautionne cette action illégale.

Nous le disons donc haut et fort, Dioncounda Traoré et la Sécurité d’Etat ont failli à leur devoir. Au lieu de garder le journaliste à la SE durant cette longue période, sans aucun résultat positif, il fallait laisser le soin au Procureur d’agir, ou le lui transmettre dès les 72 heures qui ont suivi l’action de la SE.

Vous voulez la vérité, le droit, la légalité, la justice et l’équité, c’est avec le juge et non dans vos combines. Ne contribuez pas à faire de notre pays une cité d’exactions. Vous ne pouvez pas abuser des hommes politiques (du FDR) et des hommes de médias et convaincre l’opinion internationale.

 

Mamadou DABO