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Des rebelles de la coalition Séléka, Bangui, janvier 2013 / AFP
Des rebelles de la coalition Séléka, Bangui, janvier 2013 / AFP

Les rebelles centrafricains avancent sur Bangui

La rébellion du Séléka avait annoncé qu'elle reprendrait les armes. Elle l'a fait.

Les rebelles de la Seleka avancent vers Bangui et la population se prépare à leur entrée dans la capitale. La rébellion a  forcé, ce vendredi 22 mars 2013, un barrage de la force africaine au nord de Bangui, dernier verrou menant à la capitale. «Nos troupes viennent de prendre Damara», barrage tenu par les troupes de la force africaine à 75 km au nord de Bangui,a déclaré à l'AFP, Éric Massi, un porte parole du Séléka.

«Nous appelons tout le monde, civils et militaires, au calme en attendant l'arrivée de nos troupes à Bangui, afin d'éviter des combats inutiles», a-t-il poursuivi.

Joint par l'AFP, le porte-parole du Séléka avait affirmé en début de matinée que la rébellion avait pris la ville de  Bossangoa.

«Il y a eu très peu de combats puisque les Forces armées centrafricaines (Faca) étaient déjà parties. La prise de la ville n'a pris que 15 minutes, et nous sommes actuellement en train de la sécuriser», a déclaré le porte parole.

Selon le site d'information RFI,  le président centrafricain François Bozizé serait allé chercher de l'aide en Afrique du Sud pour repousser les rebelles de la Seleka.

«Il est invisible mais il suit la situation », explique le porte-parole de la présidence.

Ultimatum

La coalition rebelle Séléka avait annoncé à l'AFP mercredi qu'elle allait reprendre les armes après l'expiration de son ultimatum de 72 heures au président François Bozizé à qui elle demandait le respect des accords de paix de Libreville du 11 janvier.

«L'ultimatum est terminé. Nous allons retourner aux armes», a affirmé à l'AFP le colonel Djouma Narkoyo, un des chefs militaires rebelles, précisant:

«Cela ne veut pas dire que nous allons attaquer maintenant ici ou là. On est sur (on étudie) la stratégie.»

Cinq ministres centrafricains, membres d'une délégation gouvernementale en mission auprès de la coalition rebelle Séléka dans le centre du pays, sont «retenus» depuis dimanche par des combattants de ce groupe, qui ont menacé «de reprendre les hostilités».

Une mission gouvernementale s'est rendue à Sibut (160 km au nord de Bangui) auprès du Séléka «pour des questions de paix et de désarmement», a déclaré à l'AFP le ministre de la Sécurité, Josué Binoua.

Le Séléka a empêché cinq des membres de la mission, ministres issus de la rébellion au sein du gouvernement d'union, de regagner Bangui, exigeant «l'application» des accords de paix de Libreville, a précisé M. Binoua.

Parmi les ministres retenus figurent les plus importantes personnalités du Séléka: son président et actuel vice-Premier ministre, Michel Djotodia, le ministre des Forêts Mohamed Dhaffane, ou encore le ministre de la Communication Christophe Ghazam Betty.

«Nous avons exigé du gouvernement qu'il applique les accords de Libreville. Mais il ne semble pas nous écouter (...)», a déclaré à l'AFP une autre figure de la rébellion le colonel Djouma Narkoyo.

«Nous donnons 72 heures au gouvernement pour répondre à ces exigences, sinon le Séléka va reprendre les hostilités», a mis en garde le colonel Narkoyo.

Quid des accords de Libreville?

Mi-décembre, les rebelles du Séléka avaient pris les armes contre le régime du président François Bozizé, menaçant la capitale Bangui. Après avoir signé un accord de paix le 11 janvier à Libreville, la coalition rebelle a accepté de participer à un gouvernement d'union nationale.

La rébellion n'a cessé depuis lors de demander le respect de ces accords, avec notamment la libération de prisonniers politiques et le départ des troupes étrangères de la Centrafrique, en particulier sud-africaines.

«En plus de nos exigences, nous avons retenu les cinq ministres pour protester contre le langage dégradant tenu à la radio nationale par le président de la République à l'encontre de la Séléka, qui démontre sa volonté de ne pas aller à la paix», a par ailleurs ajouté le colonel Narkoyo.

Des dissensions au sein de la rébellion se font sentir depuis plusieurs semaines, alors que des factions du Séléka ont attaqué le 11 mars l'une des principales villes du sud du pays, Bangassou, après avoir conquis fin février la localité de Sido (nord).

Ces attaques avaient alors été fermement condamnées par les ministres Dhaffane et Ghazam Betty.

«Il faut comprendre que ceux qui dirigent Séléka sont ceux qui dirigent le terrain. Aujourd'hui le terrain considère que les accords n'ont pas été respectés, et le maintien du président Bozizé (au pouvoir) ne nous permet pas de ramener la paix», a réagi l'un des porte-parole de la rébellion, Eric Massi, joint par l'AFP.

«Qu'il (le président Bozizé) respecte les accords ou qu'il s'en aille, sinon il ne pourra pas éviter une bataille inutile à Bangui. C'est a prendre très au sérieux, le terrain est largement armé et déterminé», a affirmé M. Massi.

AFP

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