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Candidature ADEMA à la présidentielle de 2013 : 19 candidats en lice dont 7 anciens ministres et 2 maires

Le Comité exécutif de l’ADEMA-PASJ a, lors de sa réunion ordinaire du mercredi 13 mars 2013, planché sur les dossiers des candidats – au nombre de 20 – à la candidature du parti à la présidentielle du 7 juillet prochain. A l’issue de ladite rencontre, deux commissions ont été constituées : la première pour le dépouillement des dossiers et la seconde chargée de jouer les bons offices.

Au nombre des postulants, sept anciens ministres, deux maires officiant dans le District, deux avocats dont Me Kassoum Tapo, également député de son état, un ancien directeur général de la géologie et des mines, en la personne de Dramane Dembélé, décrit par ses partisans  comme le candidat de la jeunesse et de l’alternance…

Un dossier, en l’occurrence celui de Mohamed Ag Bilal, auparavant conseiller consulaire en Côte d’Ivoire, a été rejeté. C’est dire que la bataille que vont se livrer ces 19 postulants restants sera rude.

A moins d’un consensus que le parti, comme par le passé, s’évertuera à rechercher à travers, précisément, la commission de bons offices dont la présidence a été (encore) confiée au sage président du Haut conseil des collectivités territoriales, Oumarou Ag Mohamed Ibrahim Haidara. Une mission des plus délicates à laquelle la commission de bons offices s’est aussitôt attelée en se réunissant les vendredi et samedi derniers avec l’ensemble des candidats à la candidature du parti de l’abeille. Que sortira-t-il  de ces conciliabules qui vont se poursuivre tout le long de cette semaine ?

Suite à l’appel à candidature lancée en début mars, ce sont 20 candidats  – tous des hommes – qui ont déposé leur dossier auprès du Comité exécutif du parti, chargé de plancher sur leur validité. A l’issue du dépouillement opéré à ce niveau, un dossier a été rejeté – celui de Mohamed Ag Bilal – pour défaut d’attestation de paiement de cotisation. Ce sont donc 19 candidats qui sont désormais en lice pour briguer la candidature de l’ADEMA à la présidentielle de juillet prochain.

Dans le starting-block et selon l’ordre de dépôt des candidatures : l’opérateur économique et conseiller communal (commune II), Adama Doumbia ; Maître Kassoum Tapo, député élu à Mopti ; Seydou Mamadou Traoré, professeur à IPR/ISFRA; Moustapha Dicko, ancien ministre ; Soumeylou Boubèye Maïga, ancien directeur de la Sécurité d’Etat, ministre de la défense sous Alpha Oumar Konaré et des Affaires étrangères sous ATT ; le maire de la commune III, Abdel Kader Sidibé ; l’ancien maire du District de Bamako et ancien ministre sous ATT, Ibrahima N’Diaye dit Iba, premier responsable du parti depuis l’accession de Pr. Dioncounda Traoré à la présidence de la République par intérim; le conseiller communal (commune III) Ousmane Berthé ; le conseiller à la présidence de la République, Tioulé Waouya Koné ; l’ancien directeur de la géologie et des mines (DNGM) évoluant depuis des années dans le privé et bénéficiant de solides soutiens parmi la jeunesse, Dramane Dembélé ; l’ancien député et entrepreneur de son état, Konimba Dembélé ; l’ancien ministre et ancien député, Tiémoko Sangaré ; l’actuel secrétaire général de la présidence et ancien ministre sous le président Alpha Oumar Konaré, Ousmane Sy ; le maire de la commune V, Boubacar Alpha Bah dit Bill qui avait eu des démêlés avec le maire Abdel Karim Sidibé autour de la présidence de l’Association des municipalités du Mali (AMM), jusqu’à ce qu’un procès les séparât ; l’inspecteur des douanes à la retraite, Harouna Bouaré, grand militant du parti en commune IV ;  l’ancien ministre Adama N. Diarra, directeur du Fonds de solidarité nationale (FSN) ; l’ancien ministre Sékou Diakité, qui constitue un réel espoir pour la nouvelle génération ;  le jeune Mamadou Koné du Mouvement de la Jeunesse ADEMA de la commune III, et enfin Maître Aliou Diarra, «  l’avocat-défenseur  » de l’ADEMA.

L’élection, une affaire de gros sous

Comme l’on peut le constater, c’est toujours une pléthore de candidatures que la ruche sort de ses rangs afin tout simplement de jouer à fond la carte de la démocratie au sein du parti. Mais quand on sait que c’est l’argent le nerf de la guerre, on est, toutefois, en droit de se demander si ces candidats sont tous en mesure d’apporter ne serait-ce que le tiers des sommes nécessaires à la prise en charge des dépenses de la campagne pour la présidentielle à venir ? Un montant estimé à quelque 5 milliards F CFA que le candidat choisi devra débourser en appui à ce que le parti pourra rassembler auprès de généreux donateurs.

Les dépenses de campagne pour les grandes formations politiques (ADEMA, l’URD, RPM) et certains candidats indépendants sont estimées, cette année, à 10 milliards F CFA pour figurer dans le trio de tête. Les dépenses pour le second tour sont estimées, quant à elles à quelque 5 milliards FCFA pour sceller des alliances, s’octroyer des partenariats et mobiliser les structures, les militants et les électeurs qu’il va falloir réveiller d’une longue période d’hibernation. La logique en la matière étant qu’il revient principalement au candidat choisi de rechercher, lui-même, les ressources financières pour financer sa campagne. Dans la mesure où une fois élu, le futur président de la République agit, comme on a l’habitude de le voir, parfois au mépris total de son parti ou des forces qui l’ont aidé à se hisser sur la colline du pouvoir.

Capacité financière déterminante

C’est dire que le critère dit  » de la capacité financière « , même s’il n’est pas officiellement inscrit dans les textes, sera incontestablement présent dans les esprits tout le long du processus de sélection. Sur ce chapitre, il est évident que tous les candidats ne logent pas à la même enseigne. C’est ainsi que, selon des sources concordantes, ils ne sont pas plus de cinq sur les 19 candidats à être liquides, c’est-à-dire capables de participer, sur fonds propres, au financement de la campagne électorale.

On se rappelle que même le candidat du parti en 2012, Pr. Dioncounda Traoré, à l’époque président de l’Assemblée nationale, avait été taxé en son temps, par certains membres du Comité exécutif,  » de traîner les pieds «  dans la mise à disposition des ressources financières pour la précampagne. On se demandait même s’il avait réellement de l’argent  » à hauteur de souhait « ...A l’époque, le budget de campagne de l’ADEMA était évalué à quelque 7 milliards F CFA. En 2013, ce chiffre va probablement  augmenter compte tenu de la crise – les militants seront beaucoup plus demandeurs, gourmands  que d’habitude – et des gros moyens matériels et financiers qu’il va falloir mobiliser pour parcourir le pays en un laps de temps très court.

Implosion de la ruche ?

Cela revient à dire que seuls les candidats à la candidature qui ont les portefeuilles bien garnis seront à même de remporter ce  » combat démocratique à l’intérieur du parti  » auquel la ruche tient tant. La commission de bons offices, présidée par le sage Oumarou Ag Mohamed Ibrahim, sait déjà que sa mission est des plus délicates. Raison pour laquelle elle s’est aussitôt attelée à la tâche en se réunissant les vendredis et samedi derniers, à huis clos au siège du parti, avec l’ensemble des candidats à la candidature du parti de l’abeille. Que sortira-t-il de ces conciliabules ? Seul le temps dira. Les mauvaises langues prédisent déjà une implosion de la ruche au cas où le Comité exécutif – la décision lui revenant – porterait son choix sur un candidat dans lequel les militants ne se reconnaissent pas.

Mamadou FOFANA

Mali Web

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