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Elections des maires des communes et arrondissements : Des enseignements à retenir

Après les élections complémentaires du 17 février dernier, l'étape actuelle, du reste la plus importante, est celle qui consiste à mettre en place les bureaux des conseils municipaux avec à leur tête des maires. Si pour certaines communes, cet exercice démocratique à la base n'a pas connu de difficultés majeures, pour d'autres, le centralisme démocratique, qui veut que le choix des candidats soit fait par les partis, a été quelque peu écorné à certains endroits. Que faut-il alors retenir comme enseignements de l'élection des maires dans les communes et arrondissements ?

Depuis l'avènement de la VIe République avec l'adoption de la Constitution du 02 juin 1991, le Burkina a pu organiser avec succès, 4 élections présidentielles, 5 législatives et 4 municipales. La tenue régulière et la meilleure organisation de ces élections a permis au pays de se positionner dans la sous-région comme un exemple dans le processus de démocratisation.

Le fait de réussir la tenue des dernières élections couplées, législatives et municipales, pour la première fois est le signe que les Burkinabè tiennent à consolider la démocratie qui garantit des droits et des devoirs à chaque citoyen.

Il y a aussi cette nouvelle vision que se font les Burkinabè de la démocratie à savoir participer au choix des décideurs et contribuer par une participation citoyenne de qualité au processus de démocratisation et de développement du pays.

C'est du reste ce qui explique l'engouement des Burkinabè sur la question de la communalisation intégrale à travers le choix des candidats ? : ces derniers ne veulent plus de bourgmestre imposés. Ce qui traduit une volonté des populations à participer au renforcement du processus de décentralisation en cours au Burkina depuis 1995.

Que retenir de l'élection des maires ? ?

Des leçons s'imposent suite à la mise en place des bureaux des conseils municipaux. La première leçon à tirer est que depuis le choix des candidats jusqu'à l'élection des maires, l'électorat burkinabè est resté vigilant et parfois exigeant sur le profil des décideurs locaux. Cela traduit la maturité et l'attachement d'un peuple aux valeurs de la démocratie.

C'est l'expression d'une volonté populaire de participer à la prise de décision pour la gouvernance locale. En renouvelant en partie la majorité des conseils municipaux, les populations veulent une nouvelle dynamique de gestion des communes et arrondissements basée sur la redevabilité des mairies et leur participation au processus de développement local.

En d'autres termes, le nouveau découpage de la commune de Ouagadougou en 12 arrondissements et celle de Bobo-Dioulasso en 7 arrondissements signifie pour les autorités burkinabè, gouverner avec les populations et pour les populations.

La seconde, c'est la rigueur dans le choix des candidats des partis tant pour les élections, de façon générale que pour la mise en place des conseils municipaux, en particulier. En effet, comment comprendre que des conseillers élus sur la base d'une liste d'un parti politique fassent fi des consignes données par le même parti ? ?

Par exemple, le non-respect de la discipline du parti laisse entrevoir des insuffisances du cadre de concertation à l'interne avant la mise en place du bureau des conseils municipaux.

Cette situation ne pose-t-elle pas aussi la question de la candidature indépendante ? Ainsi, les leaders des partis doivent mettre en place une stratégie de communication politique afin d'éviter des situations qui affectent la crédibilité du parti.

La troisième leçon, c'est de mettre le cap sur le développement local. Puisque de façon générale, le constat dans l'élection des maires, l'aspect politique a pris le dessus sur la vision de développement des localités. C'est en partie ce qui donne raison à certaines voix réclamant la relecture des textes des collectivités territoriales pour mettre en avant le développement socioéconomique des localités.

En d'autres termes, il s'agira pour les candidats à la mairie d'un arrondissement ou d'une commune d'élaborer et de présenter un projet de société en conformité avec ceux de leur parti d'appartenance.

Au regard de ces trois enseignements, on pourrait déduire que les différents mouvements de protestation des populations contre les actions de certains conseils municipaux vont certainement faire cas d'école puisque celles-ci sont parvenues à imposer leur choix aux partis politiques.

Reste maintenant aux conseils municipaux de se mettre au travail pour essayer de donner des réponses aux préoccupations des populations selon la spécificité de chaque localité.

Abou OUATTARA

Par : L'Hebdomadaire du Burkina

Le Faso

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