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Algérie: mesures "rapides" contre les enlèvements d'enfants

Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, a ordonné de mettre en place une série de mesures "rapides" contre les enlèvements d'enfants, après le récent assassinat de deux garçons, a indiqué dimanche l'agence de presse APS.

"L'action du gouvernement doit s'articuler autour de la sensibilisation, la prévention et le traitement judiciaire +ferme+ et +rapide?+ contre les auteurs de ces crimes", a souligné M. Sellal qui présidait un conseil interministériel regroupant les ministres de l'Intérieur, de la Justice et de la Santé ainsi que des représentants de la police et de la gendarmerie nationale.

Le nombre d'enlèvements d'enfants est passé de quatre en 2008 à 31 entre 2012 et 2013. Selon des chiffres présentés lors de cette réunion "80% des enfants enlevés ont été libérés par les services de sécurité"

"Dans la majorité des cas les mobiles sont sexuels. Les auteurs de ces crimes, sous l'effet de la drogue, agissent également pour une rançon ou pour un règlement de compte familial", a précisé cette source.

Un groupe de travail piloté par le ministère de l'Intérieur sera installé au plus tard mercredi afin d'élaborer "dans les plus brefs délais" des mesures de lutte "efficaces".

Les autorités comptent faire appel à la radio et la télévision pour mobiliser la population contre ce fléau, a précisé une source gouvernementale citée par l'APS.

Les patrouilles pédestres des forces de sécurité vont être multipliées dans les aires de jeu, les places publiques et autour des établissements scolaires.

M. Sellal a également appelé à un "durcissement du code pénal quitte à le réviser", tout en n'écartant pas l'application de la peine capitale, contre les auteurs d'enlèvements d'enfants.

L'Algérie applique depuis 1993 un moratoire contre la peine de mort.

A Constantine, des affrontements ont opposé dimanche la police à des manifestants qui réclamaient la peine capitale pour les auteurs présumés de l'assassinat de deux enfants dans cette ville située à 430 km à l'est d'Alger.

La police a lancé des grenades lacrymogènes pour disperser des milliers de jeunes qui scandaient : "on veut les assassins" et "on veut la peine de mort" devant le siège de la Cour de Constantine, selon des témoins.

Les habitants ont observé une grève générale de plusieurs heures en signe de solidarité avec les parents des deux garçons.

Les deux garçons, âgés de 9 et 10 ans, étaient portés disparus depuis le 9 mars et ont été retrouvés mardi morts étranglés. Quelques heures plus tard, deux hommes de 21 et 38 ans ont été arrêtés et ont avoué avoir commis le crime, selon des sources officielles.

AFP

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