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Sauver les langues traditionnelles sud-africaines

Malgré 11 langues officielles, c'est celle de Shakespeare qui s’impose en Afrique du Sud, au détriment des dix autres, plus traditionnelles.

Certains médias tentent d’inverser la tendance, à l’image du site d'actualités sud-africain News24, qui a lancé le 25 mars 2011 une version en langue zoulou. Pour Jannie Momberg, rédactrice en chef du site:

«La version zoulou de News24 est quelque chose d'assez unique. Combien de sites web/mobiles d’information en continu sont en zoulou? Nous pensons que c’est une lacune considérable sur le marché.»

Une initiative semblable à celle du quotidien sud-africain The Sunday Times, lequel a également lancé le 7 novembre 2010 son édition en zoulou. Mondi Makhanya, éditeur responsable du projet, a confié au Times Live:

«Nous sommes très fiers de pouvoir contribuer à la croissance des langues traditionnelles. [...] Dans une Afrique du Sud démocratique, nous pouvons jouer un rôle positif en favorisant l’accès à l’information dans divers langages, à l’exemple de cette édition qui répond aux besoins de notre lectorat zoulou.»

A ce sujet, The Economist cite la Constitution de 1996, laquelle stipule que chaque langue officielle «doit bénéficier d’une égalité de reconnaissance et de traitement». Mais la réalité est toute autre: bien que l’anglais ne soit la langue maternelle que de 8% de la population sud-africaine, son usage est encore le plus répandu, «en dépit des promesses répétées du gouvernement de promouvoir et de protéger les langages et la culture indigènes».

Si 80% des langues maternelles de la population sont issues de la tradition africaine, l’anglais fait aujourd'hui partie du quotidien des Sud-Africains via l'économie, le commerce, l'éducation, la politique, la presse, ou encore les panneaux de signalisation. La disparition progressive des langues traditionnelle s'explique également par le comportement des Africains eux-mêmes:

«Beaucoup parlent anglais à leurs enfants à la maison. L’aisance dans la langue de Shakespeare est vu comme un signe de modernité, de sophistication et de pouvoir.»

Pour tenter d'enrayer le phénomène, le gouvernement avait décidé en 2010 «qu’il faudrait parler aux enfants dans leur langue maternelle au moins durant les trois premières années d’enseignement primaire».

Lu sur The Daily Maverick, The Economist, Times Live