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"Que les libéraux qui demandent à tous leurs militants de se mobiliser pour défendre leurs responsables se le tiennent pour dit"

Les quotidiens parvenus vendredi à l'APS traitent principalement de la convocation de Karim Wade, le même jour, devant la Cour de répression de l'enrichissement illicite, se faisant l'écho de la détermination du gouvernement à maintenir l'ordre public en prévision de troubles éventuels.

Karim Wade, le fils de l'ancien président sénégalais Abdoulaye Wade, doit répondre le même jour à une convocation de la Cour de répression de l'enrichissement illicite, dont le procureur spécial devrait le mettre en demeure de justifier l'origine licite de ses avoirs, dans le cadre de la clôture de l'enquête le visant pour le compte de la traque des biens supposés mal acquis.

Les militants du PDS, au pouvoir de 2000 à 2012, avait annoncé à cette occasion une grande mobilisation en soutien à Karim Wade, une manière de riposter au "harcèlement politico-judiciaire" dont font l'objet certains de ses responsables suspectés d'enrichissement illicite.

''Le Parti démocratique sénégalais (PDS) a promis un vendredi de colère. Et l'Etat a répondu par la fermeté en mettant en garde tous les fauteurs de trouble et exigeant du gouvernement la plus grande fermeté, pour faire respecter la loi et l'ordre public. Ce matin, Dakar sera sur le qui-vive", écrit Le Quotidien.

"Macky met le bouclier", souligne Sud Quotidien reprenant la même information. "Macky (Sall) tape du point sur la table, les libéraux reculent", évoquant la visite que le roi du Maroc Mohamed VI doit effectuer le même jour à Dakar, signale le quotidien Rewmi.

"Les menaces de brûler le pays proférées par les libéraux, si un des leurs, en l'occurrence Karim Wade, venait à être inculpé, sont prises au sérieux par le chef de l'Etat. Hier en Conseil des ministres, avec fermeté, il a tapé sur la table, afin que force reste à la loi", écrit ce quotidien.

Lors du dernier Conseil des ministres, le chef de l'Etat sénégalais a donné "des instructions fermes aux services de sécurité via le ministre de l'Intérieur, en vue de mater toute velléité de troubles à l'ordre public", précise le quotidien L'As, titrant : "Macky Sall déclenche le +plan Vigipirate rouge+".

"Que les libéraux qui demandent à tous leurs militants de se mobiliser pour défendre leurs responsables se le tiennent pour dit : Macky Sall leur promet le bâton et la cravache en cas de trouble à l'ordre public", renchérit le quotidien Walfadjri.

Walfadjri, dans la foulée, rapporte cependant que le Parti démocratique sénégalais (PDS) a décidé de "reporter la confrontation" avec le pouvoir, en concertation "avec des responsables du parti et (suite à) l'intervention de différentes autorités religieuses (...)".


A l'appui de cette décision consistant à "limiter les manifestations" qu'il comptait organiser ce vendredi, le PDS invoque l'amitié entre les peuples sénégalais et marocains et la visite de sa Majesté le roi Mohamed VI, prévue le même jour au Sénégal.

Mais il reste que les libéraux comptent tout de même "accompagner massivement le frère Karim Wade au parquet spécial près la Cour de répression de l'enrichissement illicite", où il est convoqué, selon le coordonnateur national du PDS, Oumar Sarr, dont les propos sont relayés par Walfadjri.

"Notre ami le roi calme le jeu", constate pourtant Le Pays au quotidien, affichant en première page une photo du souverain marocain semblant suggérer au calme d'une main.

Peine perdu peut-être, puisque Ibrahima Sène du Parti de l'Indépendance et du travail (PIT, mouvance présidentielle), prévient : "La capacité de nuisance de Wade est intacte", dit-il, cité par Le Populaire. "Certains hommes qui lui servaient d'instruments pour commettre des actes de violence et des actes séditieux sont encore là", ajoute M. Sène.

"Comme annoncé (...), le PDS promet de mettre la pression sur le pouvoir à partir de ce vendredi, avec la convocation de Karim Wade devant le procureur spécial de la CREI (Cour de répression de l'enrichissement illicite)", souligne Enquête. Ce quotidien précise que cette mobilisation "est l'entame d'une offensive politique planifiée jusqu'au 25 mars" au moins.

L'enjeu est en effet de taille, si l'on en croit L'Observateur. "Le premier face-à-face, ce matin, entre le procureur spécial Alioune Ndao et le fils de l'ex-président de la République a un enjeu à double face pour Karim Wade", écrit-il.

"Il peut sonner le début de la descente aux enfers de l'ex-président du Conseil de surveillance de l'ANOCI ou son nouveau départ vers le sommet", analyse par ailleurs le quotidien du groupe Futurs médias.

"Du calme, je n'ai rien à craindre", assure Karim Wade, dans des propos rapportés par La tribune. Selon ce journal, M. Wade a ''invité ses camarades à la retenue, leur demandant de ne pas mettre à exécution leur projet de trouble à l'ordre public", d'autant que, dit-il, le roi du Maroc est "un ami personnel" et "un ami de la famille Wade et libérale".


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