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Ibra Ndiaye Dg de l’Apda sur ses grands chantiers

«Nous cherchons des partenaires pour la construction à Diamniadio d'un grand centre d'exposition et de promotion des produits artisanaux» L'actuel directeur général de l'agence pour la promotion et le développement de l'artisanat, Ibra Ndiaye, dans cet entretien exclusif, a peint un tableau noir de la gabegie de l'ancien régime. Il a fait une mise en garde aux libéraux qui menaçaient de se faire entendre, aujourd'hui, pour dénoncer l'audition de Karim Wade.




Dans une semaine, le président Macky Sall souffle sa première bougie à la tête de l'Etat, comment jugez-vous son bilan ?
A chaque fois que nous prenons la parole, nous avons l'obligation morale de dire aux sénégalais exactement là où nous sommes. En réalité, nous avons hérité un pays qui avait une dette de plus de 2500 milliards. Depuis mars 2012, l'Etat est en train de payer presque chaque fin du mois 65 milliard de FCFA, c'est énorme ! Malgré ces dettes, les gens n'ont pas croisé les bras. Quand vous héritez d'un pays où tout allait mal, c'est difficile, en un an, de vouloir tout remettre en place. Cependant, quelques réalisations du président Macky Sall sont à magnifier : la question agricole avec les semences et intrants et la crise scolaire pour lesquelles le président a mis les moyens nécessaires. Après cela, il y'avait les inondations que le nouveau gouvernement a réglées, avec presque 30 milliards et le problème des retraités à qui le président a donné 10% du salaire des autorités et 10 millions aux blessés de guerres. Sur le train de vie de l'Etat, il y'a la suppression de plus 65 agences et directions budgétivores mises en place par le Pds et le président a diminué plus 8 milliards de son budget au palais. Avec les 10 milliards diminués sur les fonds politiques, l'ensemble du gouvernement est en train de poser des actes pour abroger la souffrance des sénégalais. Nous avons augmenté les salaires, en diminuant 15% sur la fiscalité. Pourtant, le président Wade avait dit, quand il perdrait le pouvoir, que trois mois après, son successeur ne pourra pas payer les salaires. Mais, nous avons eu la chance de payer les salaires et les gens n'ont plus rien à nous reprocher et je demande aux sénégalais de patienter, parce que le Yoonu Yokouté est un programme sur cinq ans pas sur un an.
Vous êtes à la tête de l'agence pour la promotion et le développement de l'artisanat, quels sont vos projets d'emplois d'ici 2017 ?
C'est vrai que le plan d'opération stratégique de l'agence a été conçu en 2004. Je me suis rendu compte que ce programme, au bout de 7ans, n'a été réalisé qu'à hauteur de 20%, ce qui était infime. Aussi, me suis-je dit que le mieux est de réactualiser tous les projets, ce que j'ai fait pour les 13 projets. Actuellement, je suis en train de me battre avec des partenaires pour trouver des financements. Le projet le plus important, c'est le grand centre d'exposition et de promotion des produits artisanaux que nous comptons installer à Diamniadio, sans oublier, en matière de création d'emplois, le programme d'insertion des jeunes dans l'artisanat. C'est un programme de 300 à 400 millions de nos francs et si nous parvenons à trouver des financements courant 2013, nous pouvons donc créer plus de 30 mille emplois. Nous espérons, d'ici 2017, dérouler au moins 50% de nos projets. En effet, chaque jour, nous rencontrons des partenaires qui sont prêts à travailler avec nous.
Vous disiez que l'endettement de l'agence à plus de 500 millions freine son fonctionnement...
C'est vrai que cela a un peu perturbé le fonctionnement de l'agence. Quand je suis arrivé au mois de décembre 2012, je n'avais pas trouvé les salaires. Et je me suis battu à payer les salaires des mois de décembre, janvier et février, parce que le salaire est sacré. Aujourd'hui, avec le budget de 2013, nous allons éponger les dettes, tout en pensant que l'Etat va nous aider.
Les libéraux ont promis de mettre le feu sur Dakar ce vendredi pour protester contre la mise en demeure de Karim Wade. On vous accuse de politiser la traque des biens mal acquis qu'en dites-vous ?
On se rappelle encore la journée du 23 juin 2012. Ce jour-là, avec l'ensemble de ses moyens, l'Etat n'a pu empêcher le peuple de descendre dans la rue. Ce peuple luttait contre une loi monarchique. Donc, ce n'est pas maintenant qu'ils vont brûler le pays, parce qu'hier, ils n'avaient pas la capacité de le faire. Il faut qu'ils sachent qu'ils vont rendre compte. Que cela soit aujourd'hui ou demain, on ne peut pas gouverner un pays pendant 12 ans, sans rendre compte. Des gens qui étaient dépourvus, qui n'avaient rien du tout, se sont, au bout de 12 ans, insolemment enrichis. Ce n'est pas maintenant qu'ils vont revenir pour dire aux gens qu'ils ne vont pas rendre compte. On ne peut pas hériter d'un pays où il manque de tout et ne pas faire l'état des lieux, pour connaitre réellement ce qui s'est passé, pendant la précédente gestion. Si maintenant, les libéraux s'offusquent de cette méthode et veulent faire un bras de fer avec la justice, ils auront devant eux, non seulement, la justice mais, les jeunes de l'Apr et ceux qui ont accompagné le président Macky Sall à la victoire.
Avec les conflits d'intérêts, il se susurre l'implosion de Benno, êtes-vous d'avis ?
Cette grande coalition a accompagné le président Macky Sall au second tour et elle a gagné. Je souhaite que la collaboration continue dans l'intérêt de la nation. Pour, rappel, en 2000, lorsque Wade a gagné, il s'est séparé, en moins d'un an, de tous ceux qui l'avaient accompagné, comme il l'a répété en 2007. Dieu merci, avec Macky Sall, le compagnonnage continue, quels que soient les problèmes car, les gens vont décliner leurs ambitions. Mais, le plus important, c'est de cheminer ensemble et c'est symbolique car, le président Macky Sall est un rassembleur.
Khoureichi Thiam est souvent annoncé dans votre coordination de Tambacounda, êtes-vous prêts à cheminer avec votre ennemi d'hier ?
Personne ne peut nous imposer Khoureichi Thiam, les jeunes et les femmes ont fait savoir que nous ne voulons pas de lui. Il ne peut rien nous apporter. On l'a battu, quand il était au Pds et il n'a rien fait à Tambacounda, quand il était le tout puisant ministre d'Abdoulaye Wade. On a énormément de ressources humaines qui sont en train de se battre pour que le Yoonu Yokouté puisse arriver à bout.
Entretien réalisé par Ibrahima Khalil DIEME
REWMI QUOTIDIEN

Rewmi

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