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Elle aurait été battue, violée et séquestrée par des milices pro-Kadhafi

Iman al-Obeidi est devenue en l'espace d'un week-end la preuve vivante des pratiques liberticides du régime de Mouammar Kadhafi.

Cette femme, originaire de Benghazi, affirme avoir été enlevée, battue puis violée par quinze hommes des forces pro-Kadhafi. En tentant de témoigner de son calvaire, elle a provoqué un bras de fer entre les autorités du régime et les médias internationaux, rapporte le magazine américain Gawker.

Samedi 26 mars au matin, Iman al-Obeidi se rend dans le restaurant de l’hôtel Rixos à Tripoli, où des journalistes prennent leur petit-déjeuner. Agitée, elle explique qu’elle a été enlevée à un poste de contrôle de la capitale et détenue pendant deux jours parce qu’elle venait de Benghazi, la ville des insurgés:

«Ils m’ont insultée et filmée. J’étais seule. Ils buvaient du whiskey. Ils m’ont ligotée. Ils m’ont fait pipi dessus. Ils ont violé mon honneur.» a-t-elle crié.

Pour preuve, Iman al-Obeidi montre les bleus sur ses jambes et les cicatrices sur ses poignets. C’en est trop pour le personnel de l’hôtel et la police, qui la sortent violemment de l'hôtel. Les journalistes sont priés de ranger caméras et stylos, et Iman al-Obeidi est embarquée de force dans une voiture.

Les allégations de la jeune femme ne sont pas encore avérées, mais Moussa Ibrahim, le porte-parole du gouvernement, l'a accusée de mentir et d’être saoûle, rapporte The Huffington Post.

Le vice-ministre des Affaires étrangères libyen Khaled Kaim a cependant annoncé qu’une enquête criminelle avait été ouverte. Cinq hommes ont été arrêtés à la suite des accusations d’Iman al-Obeidi. Cette dernière a été libérée et devrait bénéficier d'un avocat.

Lu sur Gawker