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Autant le dire… : Si vous aimez vraiment cette ville de Bobo, …

Elu la veille, le 11 mars, Marin Ilboudo le nouveau maire de la ville de Ouagadougou a été investi le lendemain 12 mars. Et hop, le travail a repris à la commune de Ouagadougou. Pas de temps à perdre. Elu le 9 mars, soit deux jours avant celui de Ouagadougou, le maire de Bobo-Dioulasso va devoir attendre. Y compris les maires d'arrondissement. Jusqu'à quand pour être investi et débuter le travail ? Nul ne sait. Parce que des perdants ont décidé qu'il en soit comme cela.

En effet, avec à leur tête Célestin Koussoubé, le député et conseiller municipal de l'Alliance pour la démocratie et la fédération/Rassemblement démocratique africain (ADF/RDA), des conseillers municipaux qui se sont absentés le jour du vote du maire de la commune, ont décidé de retarder les choses. En déposant devant le juge du contentieux électoral, un recours en annulation. Parce qu'ils estiment que le maire de la commune de Bobo n'a pas été élu conformément au code de procédure du ministère de tutelle des collectivités territoriales qui dit que les élections de maires dans les villes de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso débutent par les arrondissements. A noter que ce code de procédure n'est pas une loi. Dans tous les cas, c'est le même ministère qui a autorisé l'autorité locale, en l'occurrence le Haut-commissaire de la province du Houet à procéder à l'élection du maire de la commune avant celle des maires d'arrondissement. Exactement de la même manière, comme cela s'était passé le 30 mai 2006 : Commune d'abord, Dafra et Dô ensuite et enfin Konsa. Où se trouve donc le problème ? En s'arcboutant sur ce code de procédure qui n'aurait pas été respecté (alors qu'il a été révisé) et en exigeant la reprise de l'élection du maire, les perdants donnent l'impression qu'ils ne sont pas de bons perdants. Et du coup, ils sont en train de vouloir réécrire cette page sombre de l'histoire des municipalités qu'on a connue en 2000 à Bobo. Malheureusement, c'est encore et toujours les mêmes acteurs. On se rappelle que c'est le même Célestin Koussoubé et Alfred Sanou qui s'étaient opposés après l'élection du premier comme maire de la commune de Bobo-Dioulasso. Après une procédure judiciaire qui avait finalement trouvé son issue à Ouagadougou, les perdants s'étaient opposés à l'installation du maire. La suite, on la connait. L'installation du maire a été émaillée d'incidents graves. Des notabilités, des autorités et des citoyens ordinaires ont été arrêtés, rasés et écroués à la Maison d'arrêt et de correction de Bobo. Des morts, on en avait enregistrés dont un policier : Vincent Ouédraogo.

Cette fois-ci, c'est pratiquement la même cassette qu'on est en train de vouloir rejouer. Surtout, quand on sait qu'avant l'élection du maire, les perdants d'aujourd'hui avaient exigé des bulletins uniques pour le vote. Sans doute n'ayant pas eu gain de cause, ils auraient donc adopté une autre stratégie. Celle de s'absenter le jour du vote et créer des troubles ? On n'ose pas répondre par l'affirmative car, à priori, ce sont des fils et filles de Bobo qui aiment leur ville et qui voudraient bien que la paix et la cohésion sociale y règnent. Si c'est bien le cas, on aurait bien voulu que chacun s'abstienne de tout comportement susceptible de remettre en cause cette cohésion tant souhaitée. Car ici, véritablement, on a l'impression qu'on s'attarde sur des détails alors que les vrais problèmes de développement sont là. Et quand on se rend compte que c'est encore et toujours les mêmes acteurs qui, depuis plus d'une dizaine d'années, créent ces situations, on a envie de dire merde.

Allez-y au conseil municipal, posez les vraies questions de développement. Allez-y dans les secteurs, recueillez nos préoccupations et trouvez-nous des solutions aux problèmes que vous avez créés. Créez les conditions d'une cohabitation harmonieuse. C'est ce que nous attendons de vous. Alors, si vous aimez bien Bobo comme vous le soutenez, permettez-nous au moins de nous occuper de nos problèmes si vous vous n'avez pas de solutions pour nous. Trop c'est trop.

Dabaoué Audrianne KANI

L'Express du Faso

Le Faso

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