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Libye - Comment la presse française utilise les mots de la guerre

A chaque conflit sa sémantique. L'association française Action Critique Médias (Acrimed) analyse l’utilisation et le choix des termes du champ lexical de la guerre dans le traitement médiatique de l’intervention en Libye.

On observe notamment que la presse française a qualifié cette intervention de «riposte»; le site s’étonne ici de l’utilisation d’un terme qui souligne «le caractère prétendument défensif» d’une intervention militaire, et qui n'est pas utilisé dans les déclarations officielles.

«Les "grandes puissances" ou "l’Occident" auraient-ils été agressés par Kadhafi? Se borneraient-ils à «répondre» à une attaque, à "riposter"?», questionne Acrimed.

Autre terme et nouvelles interrogations: «les alliés», le plus souvent employé pour désigner les Etats participants à l‘intervention en Libye. «Une référence historique qui renvoie à l’un des deux camps en présence lors de la Deuxième Guerre mondiale». Un terme vague, fourre-tout, utilisé à de nombreuses reprises et qui, selon Acrimed, s'apparente à un «soutien à la guerre en cours».

«Rien ne nous garantit, devant l’abondance de la référence aux "Alliés", que Kadhafi ne nous sera pas présenté demain comme le nouvel Hitler.»

Le site s'étonne également que dans la presse hexagonale, la «coalition» effectue des «frappes» et non des «bombardements», alors que de l'autre côté, les forces fidèles à Mouammar Kadhafi ne «frappent» pas, elles «pilonnent».

«Ils "frappent" la Libye, comme d’autres "frappent" à la porte, "frappent" un ballon de football ou se "frappent" dans les mains. On parle pourtant bien de centaines de missiles. Mais chacun avouera que le terme "frappes" n’est pas aussi négativement connoté que le mot "bombardements".»

Lu sur Acrimed