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Alcool frelaté: 79 morts et plus de 800 cas d'empoisonnement à Tripoli

Soixante-dix-neuf personnes ont trouvé la mort et plus de 800 autres souffrent d'empoisonnement depuis le 7 mars à Tripoli, après avoir consommé de l'alcool frelaté au méthanol, selon un nouveau bilan du ministère de la santé arrêté jeudi.

"Le dernier bilan enregistré au niveau des hôpitaux de Tripoli à la suite de la consommation de l'alcool frelaté a atteint 79 morts et 827 cas d'empoisonnement", a déclaré à l'AFP Dr Majda al-Fellah, membre de la cellule de crise au ministère de la Santé.

Selon elle, "la situation est désormais sous contrôle (...) et des échantillons prélevés sur les patients ont été envoyés vers des pays européens pour des analyses complémentaires".

Elle a indiqué qu'une équipe de spécialistes en toxicologie venant de Tunisie est arrivée à Tripoli pour apporter son aide.

Un précédent bilan du ministère de la Santé, arrêté lundi, faisait état de 69 morts et 709 personnes empoisonnées.

Le chef du bureau de l'information du Centre hospitalier de Tripoli, Jomaa Nasr, a expliqué l'augmentation du nombre des décès par "l'état critique de plusieurs patients", ajoutant que "les nouveaux cas d'empoisonnement sont des personnes ayant tardé à se rendre à l'hôpital".

Les patients ont été pris en charge dans cinq hôpitaux de la capitale libyenne, et plusieurs malades sont en soins intensifs et certaines personnes empoisonnées ont perdu la vue, selon le ministère de la Santé.

Cette vague d'intoxication est due au méthanol contenu dans une boisson alcoolisée de fabrication locale, appelée Boukha (eau de vie) en Libye, selon le ministère.

Utilisé comme carburant, le méthanol est parfois ajouté en petites quantités aux boissons alcoolisées locales clandestines pour augmenter leur teneur en alcool. Mais ce produit peut rendre aveugle, provoquer une insuffisance rénale, voire entraîner la mort en cas de forte concentration.

Le ministère de l'Intérieur a annoncé l'ouverture d'une enquête, mais aucune information n'a filtré sur les résultats.

Vendre et consommer des boissons alcoolisées est interdit par l'islam et par la loi libyenne, ce qui n'empêche pas un trafic important d'alcool fabriqué localement ou importé clandestinement depuis les pays voisins.

AFP

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