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Transfert du marché au poisson à la ville de Pikine : Les associations de mareyeurs alertent le Chef de l’Etat

Après le personnel, la semaine dernière, les associations de mareyeurs du marché central au poisson de Pikine ont tenu à exprimer leur désaccord par rapport au projet de son transfert à la ville de Pikine.

Sur les neuf associations de mareyeurs qui s'activent dans l'établissement marchand, huit ont décidé de tisser une synergie, pour que le projet, actuellement à l'étude, de son transfert à la ville de Pikine, n'aboutisse pas. Thierno Mbengue qui est le président de l'association nationale des mareyeurs du Sénégal en a expliqué les raisons objectives. «Les sénégalais et les usagers qui ne sont ni amnésiques ni de mauvaise foi, s'accordent sur un constat : le marché central au poisson n'a jamais été plus mal en poing que lorsqu'il était sous la tutelle de la ville de Pikine. A cette période, il était caractérisé, notamment, par une insécurité ambiante et une insalubrité rebutante, à nulle autre pareille. L'odeur nauséabonde qui sentait, à plusieurs kilomètres, avait contraint ceux qui s'y approvisionnaient à le délaisser, au profit d'autres marchés», dira-t-il. Poursuivant, il mettra en exergue les pratiques peu orthodoxes de la gestion municipale. «En plus de cette situation, les moindres espaces vitaux ont été illégalement vendus pour abriter une pharmacie et trente six cantines. Ce n'est pas normal que les principaux acteurs que nous sommes soient exclus du processus, pour des raisons inavouées», a-t-il expliqué, avant d'en appeler à l'arbitrage du Chef de l'Etat. «Nous osons croire que le Président de la République qui a le sens de l'équité et de la justice, va sévir, avec une décision allant dans le sens de la préservation des intérêts des mareyeurs». En sa double qualité de présidente d'une association de femmes qui font dans la transformation des produits halieutiques à Thiaroye/mer et présidente du comité de célébration de la journée internationale de la Femme, madame Yayi Bayame Diouf a fustigé l'absence de démarche participative «La rumeur faisant état de l'éventualité du transfert du marché à la ville de Pikine est, elle-même, une violence faite aux femmes. Comment peut-on s'enfermer entre quatre murs et décider du sort de plusieurs milliers de personnes, sans les associer. La gestion par les politiques du marché au poisson serait une hérésie qui risque de remettre en cause les acquis et de détruire notre outil de travail», a-t-elle prévenu, invitant Macky Sall qui n'a cessé de clamer la primauté de la patrie sur le parti, à convoquer d'urgence les assises du marché central au poisson qui serviront de cadre d'échanges et de discussions fructueuses, entre décideurs et acteurs, afin que les démons du passé ne ressurgissent.
Ibrahima Khalil Diémé
REWMI QUOTIDIEN

Rewmi

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