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Le cardinal Jorge Mario Bergoglio, archevêque de Buenos Aires (Argentine) devient le pape François 1er

Une fumée blanche s'est échappée ce mercredi soir de la cheminée de la Chapelle Sixtine, annonçant l'élection du nouveau pape qui succèdera à Benoît XVI après sa démission historique le 28 février. Le conclave a élu l'Argentin Jorge Mario Bergoglio, qui ne faisait pas parti des favoris. Il prendra le nom de François Ier. Il a 76 ans. Il s'agit du premier pape des Amériques et du premier Jésuite à devenir pape. Il était archevêque de Buenos Aires depuis 1998.

Selon une rumeur, jamais confirmée ni démentie par l'intéressé, le cardinal Jorge Mario Bergoglio, 76 ans, aurait recueilli une quarantaine de voix lors du conclave de 2005, suffisamment pour bloquer l'élection de Joseph Ratzinger, avant qu'il ne laisse finalement entendre qu'il ne voulait pas être élu. Lui-même n'a jamais parlé de cet épisode. L'homme, qui n'accorde jamais d'entretien à une presse dont il est pourtant un lecteur assidu, cultive autant la discrétion qu'il mène une vie austère.

Issu d'une famille modeste d'immigrés italiens de Buenos Aires, le cardinal Bergoglio a délaissé la résidence des archevêques de la capitale argentine pour un petit appartement près de la cathédrale où il se lève à 4 h 30 du matin pour une journée de travail sans temps mort.

« Il écoute deux fois plus qu'il ne parle et perçoit bien plus que ce qu'il écoute », confiait un proche à La Croix en 2005. De ses années de curé à Buenos Aires et dans la sierra, il a gardé un sens pastoral affirmé, ne répugnant pas à confesser régulièrement dans sa cathédrale et faisant tout pour rester proche de ses prêtres pour lesquels il a ouvert une ligne téléphonique directe.

On le voit d'ailleurs souvent déjeuner d'un sandwich dans un restaurant avec un de ses curés et il n'a pas hésité, en 2009, à venir loger dans un bidonville chez un de ses prêtres menacé de mort par des narcotrafiquants.

Ayant fait de la pauvreté un de ses combats - « une violation des droits de l'homme », affirmait-il en 2009 - ce pourfendeur du néolibéralisme et de la mondialisation est ainsi devenu une autorité morale incontestable en Argentine et au-delà (son humilité au Synode de 2001 sur le rôle de l'évêque, où il fut rapporteur adjoint, avait frappé). Au point qu'il apparaît aujourd'hui comme la seule véritable force d'opposition au couple Kirchner dont il ne cesse de dénoncer l'autoritarisme.

Il leur semble suffisamment dangereux pour que la presse pro-Kirchner ressorte en 2005 une vieille affaire accusant le P. Bergoglio, provincial des jésuites d'Argentine pendant la dictature, d'avoir dénoncé deux de ses confrères qui furent enlevés et torturés dans la sinistre École mécanique de la marine. D'autres témoignages, au contraire, rappellent l'énergie qu'il a dépensée pour obtenir leur libération.

Et tandis que l'ancienne médiatrice argentine Alicia Oliveira, qu'il a sauvée des militaires, évoque sa grande richesse affective, la plupart des jésuites argentins gardent de lui l'image d'un homme qui a su apaiser une province divisée et sait gouverner en situation de crise.

Nicolas Senèze (La Croix) et AFP

Le Faso

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