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Scandale sexuel dans un daara des Parcelles Assainies : Le maître coranique viole son élève de 6 ans

Agé de 20 ans, l'enseignant Serigne Saliou Lô encourt 10 ans de prison. Le maître coranique du « Daara »des Parcelles Assainies de l'Unité 19 a été attrait, hier, à la barre du tribunal des flagrants délits de Dakar pour viol sur mineure de moins de 13 ans par une personne ayant autorité sur la victime et pédophilie. La plaignante n'est autre que son élève, A. G. D, âgée de 6 ans. Le délibéré est attendu lundi prochain.

Les écoles coraniques font encore parler d'elles. Une rocambolesque histoire de viol pollue le « Daara » des Parcelles Assainies de l'unité 19. Et hier, le maître coranique Serigne Saliou Lô, 20 ans, a été au banc des accusés du tribunal des flagrants délits de Dakar. Poursuivi pour viol sur mineure de moins de 13 ans par une personne ayant autorité sur la victime et pédophilie, l'enseignant a nié avec véhémence les faits qui lui sont reprochés et ce depuis l'enquête préliminaire. Sa victime, A. G. D âgée seulement de 6 berges a comparu en compagnie de sa mère F. B et de son père A. A. D. Le visage innocent, la petite ne comprend pas ce qui se passe autour d'elle. De la gravité des délits. La victime est naïve. Elle joue, chantonne et se ballade devant le prétoire sous les regards médusés du public. Pendant ce temps, sa mère, les yeux rougis par les larmes, écoute religieusement la version du prévenu, celui qui aurait violé l'innocence de sa fille. Une intimité gâchée à vie. A. G. D n'est plus vierge à ...6 ans. Le pot aux roses a été découvert le 13 février dernier. Guidée par son instinct de mère, F. B s'est rendu compte que sa fille ressentait des douleurs au niveau de ses parties intimes. Interrogée, l'élève déclare que son maître coranique lui a donné un coup par derrière. Sans perdre de temps, F.B est allée se plaindre chez le concerné. Toutefois, ce dernier jure qu'il ne l'a jamais frappée. De retour chez elle, la mère fait un «examen physique» et remarque des traces de sperme sur les habits d'A.G.D. Elle l'amène chez un médecin pour en avoir le c½ur net. Le certificat médical établira une déchirure hyménale récente suite à une pénétration. Aussitôt, F.B retourne au Daara et cette fois-ci en pleurs. Tous les responsables de l'école sont sortis pour s'enquérir de la situation, sauf l'enseignant attitré de la petite, d'après les témoins. F.B révèle que A. G. D a été abusée, qu'elle a cité le nom de son maître coranique. Ainsi, elle menace de porter plainte. Le lendemain, tôt le matin, Serigne Saliou Lô décide de partir chez lui à Touba, à l'insu des responsables du Daara. Informé le propriétaire de l'école, Modou Guèye qui se trouvait aussi dans la ville sainte rapplique dare-dare sur les lieux et somme son employé de revenir sur ses pas pour tirer l'affaire au clair. «Auparavant, Modou Guèye a envoyé son épouse et deux de ses enseignants chez nous pour une médiation pénale. Un règlement à l'amiable, selon lequel ils souhaitent prendre en charge les frais médicaux de la fille, en plus de verser des dommages et intérêts, car les faits sont avérés. Mais nous avons refusé», renseigne le pater. Des allégations réfutées par le sieur Guèye.

4 CERTIFICATS MEDICAUX. Le 14 février, le père A. A. D dépose une plainte au commissariat des Parcelles assainies et cite Serigne Saliou Lô comme étant l'auteur des faits. A la barre, la petite fille déroule le film de son agression. « Serigne Saliou Lô m'a battue, trainée dans les escaliers et enfermé dans le local où on a l'habitude de déposer nos chaussures. Il m'a donné un coup de pieds et a enlevé mon slip. Après je me suis endormie. A mon réveil, il m'a menacée de me tuer, si jamais je racontais quoi que ce soit à ma mère», dit A. G. D. Avant de préciser : «C'est la première fois qu'il me faisait ça. Je ne connais pas cette chose-là. Lorsque je suis rentrée, mon oreille gauche me faisait mal». Me Aly Fall, avocat de la partie civile soutient que le prévenu a une ascendance sur la victime, vu qu'il est son maître coranique. A l'en croire, sur les 4 médecins qui ont examiné la plaignante, les 3 sont arrivés à une même conclusion. Même le docteur Gorgui Diaw a décelé une défloraison hyménale. Par ailleurs, la partie civile a réclamé le franc symbolique car, affirme Me Fall, elle est plus préoccupée par la psychologie de A. G. D à cause des séquelles qui risquent de briser son avenir. Le procureur Kansou Kamara a requis 10 ans de prison contre cet Oustaz. Intervenus pour assurer la défense du jeune Serigne Saliou Lô, Mes Khassimou Touré, Mbaye Sène et Mouhamadou Guèye Mbow ont tout à tour soutenu que ce «dossier est un dossier inédit». Pour eux, les 4 certificats médicaux sont contradictoires. Ils ont plaidé la relaxe pure et simple pour leur client et son renvoi des fins de la poursuite. A défaut, les conseils de la défense demandent la relaxe au bénéfice du doute puisque, ajoutent-ils, cette procédure est «le procès des certitudes et des incertitudes». Le tribunal va statuer sur cette affaire le 18 mars prochain.

Awa Faye / Le Pays au Quotidien

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