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Des éléments du M23, RDC, mars 2013. © AFP
Des éléments du M23, RDC, mars 2013. © AFP

La danse du ventre du M23

Une faction des rebelles dément tout projet d'intégration de ses hommes dans l'armée congolaise.

Une faction du Mouvement du 23 mars (M23), une rébellion active dans l'est de la République démocratique du Congo, a affirmé n'avoir pas connaissance d'un projet d'accord avec Kinshasa qui pourrait déboucher sur l'intégration de ses hommes dans l'armée.

Cette déclaration de mardi soir fait suite aux déclarations du porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende, selon qui Kinshasa aurait reçu des «offres du groupe Makenga disant qu'ils veulent renoncer à la rébellion et intégrer l'armée gouvernementale».

Le porte-parole du gouvernement n'était pas immédiatement joignable mercredi pour réagir à ces développements.

Cet accord dont la signature était prévue, selon une source officieuse, le 15 mars prochain, devait mettre un terme à l'affrontement qui dure depuis mai 2012 entre le M23 et l'armée gouvernementale. En contrepartie, une partie des rebelles devaient être intégrés dans l'armée et les réformes politiques régionales accélérées en vue d'une plus grande décentralisation.

La faction du M23 dirigée par le général Sultani Makenga, pourtant considérée jusqu'à présent comme favorable à une pacification, a annoncé qu'elle n'en avait pas eu connaissance.

«Notre Mouvement affirme haut et fort ne pas être saisi ni par la facilitation ni par le gouvernement de Kinshasa à ce sujet», affirme un communiqué signé par Bertrand Bisimwa, nouveau président politique du M23 pro-Makenga.

«Si ce document existe, il devrait faire l'objet d'une négociation entre notre mouvement et le gouvernement de la RDC en présence de la facilitation», assurée par l'Ouganda, poursuit-il.

Dissensions internes

Depuis la signature le 24 février par onze pays africains, d'un accord-cadre pour la pacification de l'Est congolais, une scission s'est produite au sein du M23. La faction dirigée par Makenga dit avoir exclu le président Jean-Marie Runiga, car celui voulait reprendre l'offensive contre l'armée gouvernementale.

Des combats opposent depuis les deux factions qui se partagent des zones adossées au Rwanda et à l'Ouganda. Les deux responsables affirment l'un et l'autre diriger le M23 et en avoir exclu leur adversaire.

Les combats entre le M23 et l'armée gouvernementale —qui durent depuis mai 2012, quand des militaires se sont mutinés pour créer ce mouvement— ont aggravé la situation sécuritaire dans le Nord-Kivu, les efforts étant axés sur la neutralisation de cette rébellion. Selon un groupe de responsables d'ONG et d'experts de la région, le nombre de groupes armés répertoriés est passé en moins d'un an de 10 à 30.

Depuis le début des combats entre l'armée et le M23, l'ONU estime que 500.000 personnes ont été déplacées ou se sont réfugiées au Rwanda et en Ouganda.

AFP

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