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GO Alors? On en fait quoi, des p’tits talibés ?

Drôle de pays, quand même, que ce Sénégal ! On torture, on viole, on zigouille, on brûle des talibés en plein Dakar, et tout le monde crie à l'impuissance de l'Etat qui ne peut pas prendre des mesures énergiques, par peur de se faire taper les doigts, par les marabouts. Mais, au moment où justement les pouvoirs publics prennent leur courage à deux mains pour assainir le secteur, voilà qu'on les traite de mécréants, avec des menaces en l'air, à peine voilées.

Et qui sont les accusateurs ? Justement de pseudo-religieux qu'on n'entend que quand le portefeuille est en danger. Les mêmes qui se gardent d'envoyer leurs propres enfants ratisser dans les rues, mais qui ne crachent pas du tout sur la dépense quotidienne ramenée par les talibés, pour les petits frais de mesdames les quatre épouses, tant redoutées et promptes à agiter le spectre d'une nuit blanche pour l'époux, si jamais leurs revendications ne sont pas satisfaites.
Excepté quelques esprits éclairés, comme un certain Amadou Lamine Sall de Louga qui, fidèle à lui-même, est, tout de suite, monté au créneau pour se désolidariser, pratiquement, tous les autres marabouts se sont terrés, pour ne pas avoir à se prononcer sur la question de la mendicité, de peur de scier la branche de l'arbre sur laquelle ils sont assis.
Alors, on en fait quoi, des talibés ? Seulement de la chair à vice pour déséquilibrés sexuels ? Des exutoires pour maîtres coraniques surexcités ? De petits employés sans salaire, taillables et corvéables, sans aucun pouvoir de se défendre ? Si c'est posséder les enseignements, je suis heureux d'avoir été athée, grâce à Dieu. Mais, je suis sûr aussi que la Charia dont tout le monde se réclame, n'a jamais recommandé cette passivité coupable de tous.

Cébé
REWMI QUOTIDIEN