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Parties civiles et prévenues : Les deux voisines terminent leurs disputes à la barre

A la barre comme à la borne fontaine. Une véritable querelle de femmes. Une rivalité de coquetterie, entre autres trucs et astuces dont usent les femmes, quand la tension monte, est le scénario véritable auquel le tribunal correctionnel de Dakar a eu droit, jeudi dernier. Reyna Diallo et Safiétou Dème, madame Sarr, ont offert un triste spectacle devant la composition du jour. Il a même fallu la menace du Président du tribunal de les placer sous mandat de dépôt, si elles ne se ressaisissaient pour que les deux voisines d'immeuble se calmassent.


A croire les récits des deux dames qui rivalisaient de bravoure, les faits remontent à plus d'un mois. Tout est parti de la recommandation de Mme Sarr au gardien de l'immeuble. «Ton travail ne consiste pas à aller chercher du pain pour qui que ce soit», lui avait signifié la dame, membre du comité de gestion de l'immeuble.
Aussi, Reyna Diallo s'est-elle sentie visée, étant celle qui a envoyé le gardien lui chercher du pain à la boulangerie. Et, elle a commencé à insulter sa voisine, la menaçant de mort, selon l'autre partie civile à la barre. Madame Sarr qui aura reçu l'instruction des autres voisins de ne pas sortir de son appartement et de ne pas répondre aux insultes, selon le témoin, portera plainte, le lendemain. Mais, à son grand dam, sa voisine viendra répondre à la brigade avec une convocation qui résulte de sa plainte devant la table du procureur. «Là, j'ai senti un complot, parce que son mari est un inspecteur de police», a dit Mme Sarr. Les plaidoiries des deux avocats serviront à mieux éclaircir le sujet. L'avocat de Reyna Diallo dira que le problème aurait pu être réglé dans l'immeuble et à l'amiable. «Ma cliente vit en Italie et habite l'immeuble, le temps d'un séjour. Seulement, elle a été informée que sa voisine s'immisce dans la vie privée des gens. Aussi, n'est-elle pas allée la saluer, à son arrivée. Mais, en revanche, cette dernière dans sa curiosité lui a offert du parfum de bienvenue, sans servir à raffermir les relations», dira-t-il, précisant que cela ne fit pas plaisir à madame Sarr qui cherche, à tout prix, à faire partir Mme Diallo, en complicité avec les autres membres du comité de gestion de l'immeuble. «Aucun témoin ne peut confirmer avoir entendu des injures ni des menaces de mort, au 4ième étage. On n'entend que du bruit au rez-de-chaussée et c'est tout», poursuivra-t-il.
Me Lô, avocat de madame Sarr, dira qu'il est rare de voir une femme avoir le courage de répéter les insultes subies. «Ma cliente était à la gendarmerie, pour juste une mention de plainte, au cas où les menaces qu'elle a reçues seraient mises en exécution. Mais, quant elle a senti un complot autour d'elle, la plainte a été maintenue», expliquera Me Lo. Pour l'avocat, la constance résulte du fait que tous les voisins ont entendu les insultes et le client à la barre faisant partie du comité de gestion de l'immeuble n'est pas n'importe qui. Les deux dames qui, apparemment, n'en ont pas fini avec leurs problèmes, seront fixées sur leur sort, le 18 avril prochain.
Yandé DIOP
REWMI QUOTIDIEN