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Tikaré accueille son nouveau maire

Samedi 9 mars, la commune de Tikaré (Centre-Nord) a fait connaissance avec son nouveau maire, Antoine Ouédraogo, à l'occasion d'une cérémonie d'intronisation pendant laquelle il a brièvement exposé son programme de travail pour les cinq ans à venir et appelé tous les habitants de la commune à y participer.

Matinée poussiéreuse et caniculaire dans le village de Tikaré en ce samedi où plusieurs centaines de personnes se sont retrouvées pour assister à la cérémonie d'intronisation du nouveau maire CDP de la commune, M. Antoine Ouédraogo. Elu en décembre dernier, le nouvel édile est loin d'être un novice en matière de ruralité puisqu'il a dirigé, pendant huit ans, le Fond Général de l'Eau et de l'Equipement Rural (FEER). Lors de cette cérémonie, « Tonio » - c'est ainsi que l'appellent ses plus proches amis - s'est vu remettre son écharpe par Mme le Haut-Commissaire du Bam avant de procéder à une brève allocution durant laquelle il a rappelé à ses concitoyens « l'immensité de la tâche » qui l'attend lui et son conseil municipal.

Beaucoup de contraintes naturelles.

Comme beaucoup de communes rurales, Tikaré connaît des problèmes liés à des conditions naturelles peu propices au développement économique. En premier lieu, le climat. De type soudano-sahélien, ce dernier se caractérise par une faible pluviométrie mal répartie dans l'espace et le temps. La saison des pluies rendant la principale voie d'accès - la route nationale numéro 15 - à la commune impraticable, se rendre à Tikaré n'est parfois pas une mince affaire. Entourée d'une grande chaîne de collines, la commune ne bénéficie pas non plus d'un relief avantageux, sans compter sur l'érosion de ses sols qui reste très importante... Néanmoins, ces facteurs contraignants ne semblent pas décourager l'optimisme et la volonté du nouveau maire qui, dans son allocution, a semblé ne pas vouloir dramatiser une situation déjà alarmante.

Jeunesse et savoir au c½ur du développement.

Après avoir fait le bilan des problèmes naturels, M. Ouédraogo a énuméré les aspects positifs que revêt son espace communal, à commencer par la forte proportion de jeunes résidents (47%). Ainsi, le maire a souligné qu' « une ville ou village ne vit que par sa jeunesse car c'est elle qui porte l'espérance en l'avenir ». Dans la répartition démographique de la commune, on compte également une majorité de femmes (53%) dont 19 sont élues au conseil municipal ; des chiffres que ne manquera pas de souligner le nouveau maire au lendemain de la journée du 8 mars.

Par ailleurs, Tikaré bénéficie de la présence de cadres et d'intellectuels non négligeable ainsi que de l'association Europe Echange qui, depuis plus de 30 ans, officie dans la commune sous la direction de Philippe W. Ouédraogo. Le maire a également rappelé que, malgré l'érosion, les sols et sous-sols de Tikaré sont riches en minerais. En outre, certains sites historiques de la commune pourraient aussi être aménagés en sites touristiques.

Un programme de travail ambitieux.

Le programme de travail élaboré par le maire et ses 73 conseillers municipaux contient plusieurs points prioritaires. Tout d'abord, garantir la sécurité des 44000 habitants de la commune de Tikaré en accroissant la production agricole via le renforcement de l'équipement des producteurs, notamment. Ensuite, M. Ouédraogo s'est engagé à améliorer l'accessibilité des populations aux services sociaux de base (santé, éducation, approvisionnement en eau potable, assainissement...) en rapprochant les infrastructures et les services des populations de la commune.

En terme de développement économique, l'objectif est de créer et renforcer les équipements et infrastructures marchands et faire davantage profiter la commune de ses ressources minières. Reste à trouver maintenant les stratégies appropriées, et c'est pourquoi Monsieur le nouveau maire a lancé un appel « pressant et vibrant » à tous les « fils et filles de Tikaré » ainsi qu'aux partenaires techniques et financiers afin qu'ils participent activement à la concrétisation de ce plan de travail et à la recherche de financements. A Tikaré comme dans beaucoup de communes rurales du pays, on avance qu'en se serrant les coudes.

Pierre Mareczko (stagiaire)

Lefaso.net