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Côte d'Ivoire: des femmes disent "non

Des femmes ont dit "Non" mercredi à Abidjan à "la banalisation du viol à la télévision", en se regroupant devant le siège de la Nouvelle chaîne ivoirienne (NCI) qui a laissé un ex-violeur expliquer comment il abusait de ses victimes, provoquant l'indignation.

Lundi à une heure de grande écoute et en public, l'animateur Yves de M'Bella a invité dans son émission sur la NCI - censée dénoncer le viol - un ancien violeur à qui il a demandé d'expliquer comment il s'y prenait pour abuser de ses victimes en s'aidant d'un mannequin.

Les femmes rassemblées devant la NCI, environ une dizaine, ont demandé à cette télévision privée "la création d'une plage horaire pour donner la parole aux victimes" et "sensibiliser au viol et aux violences sexuelles". 

"C'est une chaîne très suivie dans un pays où le taux d'analphabétisme est élevé. Les gens voient des choses à la télé et les reproduisent", a déclaré à l'AFP Fatim Sylla, blogueuse et membre de l'association d'aide au developpement des femmes et des enfants Allo Bénévoles. "Alors utilisons la télévision pour éduquer".

Le rassemblement a été diffusé en direct sur les réseaux sociaux où, depuis 48h, internautes et victimes de viol ne décolèrent pas.

Une pétition lancée lundi soir par Désiree Dénéo, secrétaire générale de la Ligue ivoirienne des droits des femmes pour dénoncer l'animateur et sa chaîne et réclamer des sanctions, avait récolté mercredi plus de 46.500 signatures.

La Haute autorité de communication audiovisuelle (Haca) a suspendu Yves de M'Bella pendant 30 jours de toutes les antennes et télévisions de Côte d'Ivoire.

Il a en outre été décidé par le comité d'organisation du concours Miss Côte d'Ivoire qui a lieu samedi, qu'il n'animerait pas la soirée comme initialement prévu.

"Ces sanctions ne sont pas suffisantes", selon Bénédicte Joan, présidente de l'association Stop au chat noir, qui vient en aide aux victimes de viol. Bien qu'il ait demandé "pardon" et se soit déclaré "meurtri", Yves de M'Bello "ne devrait plus du tout apparaître sur nos télés", a-t-elle ajouté.

La direction de la NCI a reçu deux des organisatrices du sit-in et a présenté ses "plus sincères excuses" pour avoir laissé passer cette émission.

"Ils ont reconnu leur erreur" et "nous ont fait savoir qu'une enquête est actuellement en cours au sein de l'équipe" ayant préparé l'émission, a indiqué Mme Joan sur son compte Instagram à l'issue de la rencontre.

AFP

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