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Mozambique: l'Afrique du Sud va envoyer près de 1.500 militaires, selon le Parlement

L'Afrique du Sud va envoyer 1.495 militaires au Mozambique pour combattre les jihadistes qui terrorisent depuis plus de trois ans le nord-est de ce pays voisin riche en gaz naturel, a annoncé mercredi le Parlement sud-africain.

Le Parlement a indiqué dans un communiqué "avoir reçu une correspondance du président Cyril Ramaphosa l'informant avoir autorisé l'utilisation de 1.495 membres" des forces de défense sud-africaines pour soutenir le Mozambique dans sa "lutte contre les actes de terrorisme et les extrémistes violents".

Des groupes jihadistes, connus localement sous le nom d'Al-Shabab ("les jeunes" en arabe), font régner la terreur depuis fin 2017 dans la province de Cabo Delgado, frontalière de la Tanzanie, riche en gaz naturel mais à la population très pauvre.

Le déploiement des forces sud-africaines, prévu du 15 juillet au 15 octobre, fait suite à l'annonce en juin par la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC), de l'envoi d'une mission de sa "force d'attente" au Mozambique. Cette opération devrait coûter à l'Afrique du Sud plus de 984 millions de rands (environ 56 millions d'euros), selon le communiqué.

L'Assemblée nationale angolaise a approuvé mardi le déploiement à compter du 6 août de 20 personnels militaires dans le cadre de la mission de la SADC et le Botswana a envoyé des troupes lundi. Hors de la région, un autre pays africain, le Rwanda, s'est engagé le 9 juillet à déployer un millier de soldats au Mozambique.

Le président mozambicain Filipe Nyusi, lui-même ancien ministre de la Défense, qui se montrait jusqu'à récemment réticent à toute aide militaire étrangère, a salué cette mobilisation, lors d'une allocution télévisée dimanche.

Ces contingents étrangers "vont aider les forces mozambicaines à rétablir la paix et la stabilité", a-t-il assuré, estimant que le pays ne devait pas être "seul dans la lutte contre le terrorisme".

Les attaques des jihadistes au Cabo Delgado, marquées par des violences spectaculaires, telles que des incendies de villages et des décapitations, sont montées en puissance depuis un an. Elles ont fait 3.100 morts, selon l'ONG Acled, et forcé environ 817.000 autres à fuir, selon les autorités mozambicaines.

Le 24 mars, une attaque surprise d'ampleur contre la ville portuaire de Palma, qui a fait des dizaines de morts et des dizaines de milliers de déplacés, a particulièrement inquiété la communauté internationale.

Cette attaque a interrompu un méga-projet gazier de 16,8 milliards d'euros, opéré par le français Total et situé à seulement quelques kilomètres de Palma.

Le Portugal, l'ancienne puissance coloniale, et les Etats-Unis ont déjà envoyé des militaires au Mozambique pour des missions de formation et l'Union européenne en a lancé une en juillet en vue notamment de la constitution d'une "Force de réaction rapide" au sein de l'armée mozambicaine.

AFP

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