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Tanzanie: un leader de l'opposition poursuivi pour "terrorisme"

Un tribunal tanzanien a décidé lundi de poursuivre pour terrorisme un des leaders de Chadema, principal parti d'opposition, dont l'arrestation la semaine dernière a suscité des critiques à l'encontre de la nouvelle présidente.

Le président de Chadema, Freeman Mbowe, a été arrêté mercredi avec une douzaine d'autres membres du parti, un coup de filet qui rappelle les méthodes musclées de l'ancien président John Magufuli, décédé en mars. 

La procureure générale, Ester Martin, a affirmé lundi soir à des journalistes après l'audience que M. Mbowe était poursuivi pour "financement du terrorisme" et "complot terroriste"

Freeman Mbowe a été arrêté avec ses compagnons lors d'un raid nocturne de la police à Mwanza, une ville du nord-ouest où ils prévoyaient un rassemblement pour demander des réformes constitutionnelles, malgré les restrictions imposées par les autorités en raison de la pandémie de coronavirus.

Le parquet a affirmé que ces charges n'étaient pas liées au rassemblement de Mwanza mais à des faits remontants à l'année dernière, ailleurs en Tanzanie. 

"M. Mbowe savait qu'on enquêtait sur lui pour terrorisme, et il est parti pour Mwanza en sachant qu'il allait être arrêté", a de son côté déclaré lundi soir David Misime, le porte-parole de la police. 

Ce dernier avait indiqué jeudi que M. Mbowe était soupçonné de "fomenter des actes terroristes, dont le meurtre de dirigeants gouvernementaux".

Six autres détenus sont poursuivis pour les mêmes faits que M. Mbowe, a-t-il ajouté lundi.

Ces deux chefs d'accusation n'autorisent pas de libération sous caution. 

La prochaine audience est prévue le 5 août.

M. Mbowe est actuellement détenu à Dar es Salaam, où sa maison a été perquisitionnée et des ordinateurs et d'autres équipements ont été saisis. 

Selon Chadema, la famille de M. Mbowe et ses avocats avaient été informés qu'il serait transféré à l'hôpital pour des examens de santé mais il a, à l'inverse, été "emmené discrètement au tribunal", en l'absence de ses représentants légaux. 

Ces poursuites interviennent quatre mois après l'arrivée au pouvoir de Samia Suluhu Hassan, qui a succédé à l'ancien président Magufuli.

Depuis son investiture, Mme Hassan a amorcé une rupture avec son prédécesseur, dont la présidence fut marquée par un virage autoritaire, se disant notamment prête à défendre la démocratie et les libertés fondamentales.

Mais ces arrestations ont été condamnées par des groupes de défense des droits et des membres de l'opposition, pour qui elles montrent une continuité du régime. 

AFP

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