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Partenariat scientifique entre l'Institut Pasteur et le Gabon

Le Gabon et la fondation française Institut Pasteur ont signé, lundi à Libreville, plusieurs conventions de partenariat scientifique sur la lutte contre la tuberculose mais aussi pour des recherches sur l'apparition de la vie sur Terre ou une étude de l'ADN des ethnies gabonaises.

"C'est la première fois que l'Institut Pasteur signe des accords avec le Gabon", a déclaré Anthony Pugsley, directeur général adjoint scientifique de l'Institut, fondation dont la mission est de contribuer à la prévention et au traitement des maladies, en priorité infectieuses.

Sur la tuberculose, un programme de recherche sur la résistance de la maladie aux antibiotiques sera mis en place, parallèlement à la construction d'un laboratoire et l'ouverture de plusieurs centres de diagnostic et de traitement.

"Il faut comprendre pourquoi la tuberculose est devenue multirésistante et quelles molécules sont capables de (la) combattre", a affirmé M. Pugsley.

Le partenariat prévoit aussi la poursuite de recherches autour de fossiles découverts en 2008 dans la région de Franceville et qui font remonter l'existence d'une forme de vie multicellulaire à 2,1 milliards d'années. Or, jusqu'à présent, on faisait remonter ce type d'organisme à 600 millions d'années.

Cette hypothèse "n'est pas facile à faire admettre par la communauté scientifique internationale", a déclaré le Pr Abderrazzak El Albani, auteur de la découverte. "Nous devons continuer à sillonner le bassin de Franceville", avec de nouvelles fouilles et explorations des sous-sols.

Enfin, les chercheurs lanceront une grande étude dite "génomique" des populations gabonaises, qui consistera à collecter et à analyser l'ADN des différentes ethnies pour mieux connaître leurs parcours migratoires sur le continent africain jusqu'au Gabon.

"La génétique ne trompe pas", a expliqué le Pr Daniel Franck Idiata, commissaire général du Centre national de la recherche scientifique et technologique (Cenarest). "On ne sait pas grand chose de ce qu'étaient les populations gabonaises il y a 1000 ou 2000 ans (...) Par exemple, on sait qu'il y a des Teke (ethnie de l'est du Gabon) au Congo Brazzaville, qu'il y en a aussi en RDC (République démocratique du Congo) mais au-delà, d'où viennent-ils? En comparant les gènes des différentes populations on va avoir une idée a peu près précise des contacts qu'elles ont eus entre elles", a-t-il assuré.

AFP

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