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Tanzanie: le président du parti d'opposition Chadema arrêté

Le président du principal parti d'opposition tanzanien, Freeman Mbowe, a été arrêté ainsi que dix autres membres du parti à Mwanza (nord-ouest) où ils prévoyaient un rassemblement, a annoncé mercredi sa formation, Chadema. 

"Freeman Mbowe a été abordé par une armée d'officiers de police à son arrivée à l'hôtel à 02h30 du matin et a été arrêté avec d'autres leaders", a déclaré Chadema dans un communiqué sur Twitter, signé par son directeur de la communication, John Mrema.

"Les autres leaders ont été emmenés au commissariat de Mwanza mais l'endroit où Freeman Mbowe a été emmené n'est pas connu et jusqu'à maintenant il n'y a pas d'information sur sa localisation", ajoute le parti, demandant à la police de révéler les motifs de son arrestation et son lieu de détention.

"Ce sont des signes que la dictature qui avait cours sous le président John Magufuli continue", poursuit-il, en référence au défunt chef de l'Etat, arrivé au pouvoir en 2015, réélu en octobre 2020, et décédé en mars, officiellement de problèmes cardiaques.

Les Etats-Unis ont jugé "très inquiétantes" les informations faisant état de cette arrestation, rappelant que le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken avait demandé début juillet à la présidente Samia Suluhu Hassan de garantir "les droits politiques et les libertés".

Conformément à la Constitution, sa vice-présidente, Mme Hassan lui a succédé.

Outre la lutte contre la corruption, la présidence de John Magufuli, surnommé le "Bulldozer", a notamment été marquée par un virage autoritaire, avec des attaques répétées contre l'opposition et un recul des libertés fondamentales, dénoncés par des organisation de défense des droits humains.

- "Subventionner la dictature" -

Au moins 150 membres et dirigeants de l'opposition, qui avait dénoncé des fraudes massives et contesté les résultats des élections, avaient, selon l'ONU, été arrêtés dans les semaines qui suivirent le scrutin.

M. Mbowe était un d'eux, de même que Tundu Lissu, candidat malheureux du Chadema face au président sortant. Les deux leaders avaient été ensuite libérés sous caution.

M. Mbowe a subi plusieurs autres arrestations ces 10 dernières années, dont une détention de trois mois entre fin 2018 et début 2019, où il était poursuivi pour manifestation illégale.

M. Lissu, blessé de plusieurs balles en 2017 lors d'une tentative d'assassinat, s'est lui réfugié en Belgique après les élections, disant craindre pour sa vie. 

Des doutes ont émergé quant à la sincérité de ce scrutin, qui a vu le parti au pouvoir, le CCM, remporter la quasi totalité des sièges dont certains jusque dans des bastions historiques de l'opposition.

M. Mbowe avait ainsi perdu le siège de député qu'il occupait depuis 20 ans.

Depuis son investiture, Mme Hassan a amorcé une rupture avec son prédécesseur. Elle s'est notamment dite prête à défendre la démocratie et les libertés fondamentales.

Ces arrestations interviennent après que M. Mbowe a appelé à la tenue d'un rassemblement pour demander des réformes constitutionnelles, malgré les restrictions imposées par les autorités en raison de la pandémie de coronavirus.

"Nous ne pouvons pas continuer avec l'ordre ancien. Nous avons le droit de nous réunir, mais nous sommes arrêtés, frappés, accusés et renvoyés devant les tribunaux pour deux ou trois ans et ensuite libérés", avait déclaré lundi dans une vidéo M. Mbowe, arborant un béret rouge et un tee-shirt orné d'un point levé.

"S'ils veulent arrêter tous les membres de Chadema, qu'ils élargissent les prisons car nous sommes tous prêts à être arrêtés et nous ne demandons pas de libération sous caution", y ajoutait-il.

M. Lissu a de son côté affirmé mercredi qu'"appeler à des réformes politiques n'enfreignait aucune loi" et appelé les partenaires de la  Tanzanie à "arrêter de subventionner la dictature du CCM".

La Tanzanie, qui compte 58 millions d'habitants, est considérée comme un pays stable dans une région est-africaine particulièrement volatile.

AFP

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