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Afrique du Sud: incertitudes autour d'une éventuelle arrestation de Jacob Zuma

Le doute régnait lundi autour d'une éventuelle arrestation de l'ex-président sud-africain, Jacob Zuma, condamné à 15 mois de prison ferme pour outrage, mais qui affirme n'avoir aucune intention d'aller derrière les barreaux, après une décision de justice acceptant de réexaminer son jugement.

Le ministre de la Police, Bheki Cele, a dit à la presse "espérer obtenir des clarifications" sur l'ordre reçu par les autorités d'arrêter l'ancien chef d'Etat à compter de mercredi minuit, s'il ne s'était pas rendu de lui-même le 4 juillet. 

"Pas besoin que j'aille en prison" a déclaré dimanche l'ancien chef d'Etat, en riant depuis son fief de Nkandla dans le Kwazulu-Natal (Est). 

Il espère obtenir une annulation ou une diminution de sa peine le 12 juillet devant la Cour constitutionnelle sud-africaine, qui a accepté de revoir son jugement.

Le tribunal de Pietermaritzburg, dans la province du Kwazulu-Natal (Est) où il réside, doit par ailleurs se prononcer mardi sur son éventuelle arrestation, M. Zuma ayant déposé un recours demandant la suspension de l'ultimatum.

L'ancien chef d'Etat a été condamné le 29 juin à 15 mois de prison pour avoir, à plusieurs reprises, refuser de témoigner dans des enquêtes pour corruption d'Etat. Condamné à une peine sans appel possible par la plus haute Cour du pays, l'ex-chef d'Etat a toutefois réussi à semer le doute sur le fait qu'il doive ou non aller en prison.

- Partisans armés -

Depuis la création en 2018 d'une commission d'enquête sur la corruption d'Etat, M. Zuma, mis en cause par une quarantaine de témoignages, multiplie les man½uvres pour éviter de témoigner.

La commission d'enquête, qui a demandé son emprisonnement, a dénoncé lundi "un abus continu des procédures judiciaires", estimant que "les tribunaux ne devraient plus accepter de tels abus".

Ces derniers jours, des foules de partisans se sont rassemblées devant la maison de Jacob Zuma à Nkandla, en dépit des restrictions anti-Covid. Sans masque et vêtu d'une chemise noire brodée aux couleurs de l'ANC, M. Zuma s'est adressé aux centaines de supporters agglutinés, avant d'entonner un hymne anti-apartheid en zoulou "Awlethu Mshini Wam", qui se traduit par "Apportez-moi ma mitrailleuse".

Malgré l'interdiction de rassemblement, la police n'a pas dispersé la foule. M. Cele a déclaré avoir décidé d'agir avec prudence et vouloir éviter "un bain de sang", car certaines informations indiquaient qu'une centaine de partisans étaient armés.

Le prince Mangosuthu Buthelezi, figure du pays zoulou et opposant de 92 ans, a pris ses distances avec la vague de soutien à M. Zuma, estimant que ces rassemblements sont d"une grande irresponsabilité". "Avec tout le respect dû à l'empathie que les gens peuvent avoir pour la situation dans laquelle se trouve M. Zuma, défier l'État et risquer des vies est inacceptable", a-t-il martelé.

- "Retour à l'apartheid" -

Dénonçant "une condamnation sans procès", Jacob Zuma s'est dit "inquiet de voir l'Afrique du Sud revenir à un régime de comparable à l'apartheid", s'en prenant une nouvelle fois à l'appareil judiciaire.

"M'envoyer en prison au plus fort d'une pandémie, à mon âge, revient à me condamner à mort", a-t-il ajouté.

L'ex-président est accusé d'avoir pillé l'argent public pendant ses neuf années au pouvoir. Englué dans les scandales, il a été poussé à la démission en 2018 et remplacé par Cyril Ramaphosa, qui a fait de la corruption son cheval de bataille même s'il doit également être entendu par la justice.

L'ancien chef d'Etat compte encore de fidèles soutiens au sein du parti au pouvoir, le Congrès national africain (ANC) et certains craignent que sa condamnation n'engendre une grave crise politique. 

Le parti a annulé ce weekend une réunion de son tout-puissant Comité national exécutif (NEC), déclarant être "conscient de la situation qui se développe au Kwazulu-Natal" et de la nécessité "de donner une direction claire".

AFP

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