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Eswatini: calme sous surveillance militaire après des heurts

Un calme précaire, sous étroite surveillance de l'armée, est retombé vendredi sur le petit royaume d'Eswatini, dernière monarchie absolue d'Afrique, après une série de violentes manifestations contre le régime, selon un correspondant de l'AFP sur place.

Dans la capitale Mbabane, théâtre ces derniers jours de heurts entre manifestants et policiers qui ont fait plusieurs dizaines de morts et de blessés, selon les militants pro-démocratie, le son des tirs qui ont résonné nuit et jour se sont tus.

L'apparent retour à la normal dans les rues est toutefois trahi par de longues queues, devant les supermarchés, de personnes tentant de s'approvisionner en nourriture. 

Les stations-services restent également en pénurie de carburant. Un camion-citerne a notamment traversé Mbabane escorté par un fourgon militaire. 

La plupart des commerces ont fermé à 15H00 (13H00 GMT) et l'accès à internet est toujours limité. 

Ces derniers jours, des centaines de jeunes en colère ont pillé et brûlé des magasins. La protestation, qui couvait depuis des semaines, est montée en puissance lundi.

Des membres du Parlement ont condamné vendredi dans une déclaration commune, "le massacre et le meurtre de plus de 60 citoyens, protestataires non armés", évoquant également 200 blessés.

Le gouvernement avait déclaré la veille ne "pas encore avoir reçu de rapport officiel sur les décès présumés".

Lors d'un point presse en ligne vendredi soir, le secrétaire général du Mouvement démocratique uni du peuple (Pudemo), Wandile Dludlu, a décompté 29 nouveaux décès, en plus des 40 recensés la veille. 

Ceux "qui ont contribué directement ou indirectement" seront tenus responsables de "crimes de guerre", a-t-il averti, exhortant la population à continuer à protester. "La liberté sera bientôt entre nos mains", a-t-il assuré.

L'Afrique du Sud, le Royaume-Uni et les Etats-Unis ont appelé les forces de sécurité du royaume, anciennement appelé Swaziland, à la "retenue". 

Le gouvernement a instauré un couvre-feu et déployé l'armée, officiellement pour faire respecter les mesures contre le Covid.

Les manifestations sont rares dans ce pays pauvre et enclavé d'Afrique australe, où le roi nomme les ministres, contrôle le Parlement et où les partis politiques sont interdits depuis près de 50 ans. 

Couronné en 1986 à l'âge de 18 ans, Mswati III, qui a 15 femmes et plus de 25 enfants, est décrié pour sa poigne de fer et son train de vie fastueux dans un pays dont les deux tiers de la population d'1,3 million vit sous le seuil de pauvreté.

AFP

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