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RDC: Beni sous le choc au lendemain des attaques

Les écoles, églises et marchés sont demeurés fermés lundi à Beni, dans l'est de la République démocratique du Congo, au lendemain des attaques à la bombe et de la mort d'un "kamikaze" identifié par les autorités comme membre des Forces démocratiques alliées (ADF).

Ce groupe armé sanguinaire est affilié aux jihadistes de l'État islamique, selon les États-Unis.

L'avant-midi, des taxi-motos et quelques rares voitures particulières circulaient timidement sur les artères de Beni alors que les portes des magasins, des boutiques, des marchés et des restaurants sont restés fermés jusqu'en début d'après-midi, a constaté un correspondant de l'AFP.

La plupart des guichets des banques sont restés clos, et les rares clients qui ont pu y accéder étaient soumis à un contrôle méticuleux des policiers et des gardes. 

Les écoliers en uniformes bleu et blanc omniprésents à l'ordinaire ne sont pas sortis de la journée, conformément aux ordres donnés par les autorités.

"Les écoles, les églises, les marchés restent fermés pendant 48 heures", avait ordonné le matin le colonel Narcisse Muteba, maire de Beni et policier, dans une déclaration aux médias.

"Nous marchons la peur au ventre sur les rues de Beni. Partout où on se trouve, on est en danger de mort. Avec ces explosions et des gens porteurs des bombes, sortir de sa maison revient à prendre des risques", s'est emporté Jeannine Kashauri, infirmière dans un centre médical de Beni.

- Kamikaze identifié -

Les autorités ont multiplié les points de contrôle sur les accès à la ville de Beni, exigeant de vérifier les pièces d'identité.

Quelques rares commerces et restaurants ont fini par ouvrir dans l'après-midi, sans connaître l'affluence habituelle des clients.

Dimanche soir, le porteur d'une bombe a été tué dans l'explosion de son engin près d'un bar et non loin d'une mosquée. Plus tôt dans la journée, l'explosion d'une bombe artisanale dans une église catholique avait blessé deux femmes. Un engin similaire avait explosé samedi soir, non loin d'une station service, dans la périphérie de la ville, sans faire de dégâts.

La cheffe de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco) Bintou Keïta "condamne fermement ces attaques lâches et cruelles qui visent à semer la terreur et la confusion au sein de la population civile", dans un communiqué lundi.

L'armée a indiqué que "le kamikaze qui s'est fait exploser (dimanche soir) est un sujet d'origine ougandaise, répondant au nom de Ngudi Abdallah, très actif au côté de son chef le sinistre terroriste Amigo", un commandant des Forces démocratiques alliées (ADF), dans un communiqué.

"Le kamikaze a été identifié par sa carte d'identité ougandaise retrouvée dans ses poches. Des prisonniers ADF ont corroboré des informations sur son identité", a expliqué à l'AFP le lieutenant Antonny Mualushayi, porte-parole de l'armée à Beni.

- Rebelles musulmans -

L'armée a demandé à "la population de Beni de dénoncer tout mouvement suspect, de se désolidariser des groupes armés et de se ranger derrière les forces armées". 

Beni et ses environs sont la cible depuis 2013 du groupe ADF, responsable d'une série de massacre qui a fait au moins 6.000 morts, d'après un décompte de l'épiscopat congolais. Le président Félix Tshisekedi a décrété le 6 mai l'état de siège dans les provinces du Nord-Kivu et de l'Ituri.

Mais c'est la première fois qu'une attaque vise de cette manière une église catholique ou que le porteur d'une bombe se fasse exploser. 

Les ADF sont des rebelles musulmans ougandais qui ont fait souche depuis plus de 25 ans dans l'Est congolais.

Ils ont cessé leurs opérations contre l'Ouganda voisin et sont aujourd'hui, de loin, le plus meurtrier des 122 groupes armés répertoriés dans l'Est de la RDC, d'après le Baromètre de sécurité de Kivu (KST).

Le 11 mars, les États-Unis ont placé les ADF parmi les "groupes terroristes" affiliés au groupe État islamique (EI). De nombreuses questions se posent depuis lors sur la réalité et la profondeur de leurs liens supposés avec l'EI, qui a revendiqué, depuis 2019, images à l'appui, certaines des attaques attribuées aux ADF.

AFP

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