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La guerre au Tigré arrache des milliers d'enfants

La guerre dans la région éthiopienne du Tigré a séparé des milliers d'enfants de leurs parents, et beaucoup d'entre eux font désormais face à des conditions "terribles" dans des camps de déplacés, affirme mardi l'ONG Save the Children.

Il y a six mois jour pour jour, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed envoyait l'armée fédérale au Tigré (Nord) pour arrêter et désarmer les dirigeants du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), le parti dirigeant cette région et qui a longtemps tenu les leviers du pouvoir en Ethiopie.

"Beaucoup de ces enfants ont été séparés de leurs parents alors qu'ils fuyaient pour sauver leur vie durant le conflit. D'autres ont perdu leurs parents dans les violences", déclare l'ONG dans un communiqué publié à l'occasion de cette date anniversaire.

Certains enfants ne bénéficient pas de "conditions de garde sûre", sont hébergés dans des "pièces uniques où dorment plus de 50 personnes" et sont potentiellement exposés à des violences physiques et sexuelles, ajoute Save the Children. 

L'organisation n'est pas la seule à alerter sur de possibles violences sexuelles.

Lundi, l'International Rescue Committee (IRC) a déclaré que le viol était "utilisé comme une arme" au Tigré et que les femmes et les filles étaient exposées à "des abus répandus, incluant des viols de masse et de l'exploitation".

"Des femmes doivent s'engager dans des relations qui relèvent de l'exploitation sexuelle, recevant de petites sommes d'argent, de la nourriture et/ou un abri pour survivre et nourrir leurs enfants", écrit IRC dans un communiqué.

Mi-avril, l'Organisation internationale pour les migrations de l'ONU (OIM) a affirmé que plus d'un million de personnes avaient été déplacées au Tigré, dont 4.056 enfants "séparés" et 917 "non-accompagnés". Ces chiffres collectés en mars pourraient être aujourd'hui plus élevés.

M. Abiy a proclamé la victoire au Tigré fin novembre, lorsque l'armée a pris la capitale régionale Mekele, mais les dirigeants du TPLF restent en fuite et des combats persistent.

Le Conseil des ministres d'Abiy Ahmed a approuvé samedi une résolution classant le TPLF comme organisation terroriste, ce qui laisse peu d'espoir à la tenue de négociations de paix, auxquelles appellent de nombreux Etats.

Les Etats-Unis et l'Union européenne demandent également le retrait des troupes érythréennes du Tigré, où elles ont prêté main-forte à l'armée éthiopienne et sont accusées d'être impliquées dans certaines des pires violences contre les civils jusqu'ici recensées, notamment des viols collectifs.

L'Erythrée dément toute implication dans des atrocités.

AFP

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