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Crise au lycée municipal de Niangoloko : Le proviseur regagne son bureau

Le haut-commissaire de la Comoé, Casimir Séguéda, a échangé le lundi 4 mars 2003 à Niangoloko avec la famille éducative et les autorités en vue de trouver une solution à la crise qui secoue le lycée municipal de Niangoloko.

Depuis la rentrée scolaire, le lycée municipal de Niangoloko vit au rythme des débrayages soit des élèves ou du corps enseignant. Mais personne ne s'attendait à ce que les élèves séquestrent leur proviseur, chargent les forces de sécurité, brisent les vitres de la voiture de fonction du maire .Ils ont même saccagé le domicile du président de l'association des parents d'élèves et brutalisé certains membres de sa famille. Tout cela pour réclamer l'électrification de leurs salles de classe.

La tension était tellement vive que le proviseur a dû se réfugier à Banfora. Pourtant, les techniciens de la SONABEL étaient à pied d'½uvre pour l'implantation des poteaux électriques. On a même entendu dire, ensuite que ce lycée était sous menace d'une fermeture. Cette menace a été prise au sérieux par les acteurs de l'éducation. Cette médiation conduite par le haut- commissaire visait donc à éviter ce pire scenario. A l'ouverture des échanges, les délégués de l'association des scolaires de la Comoé absents de la salle, l'ont réintégré après.

« Je suis fatigué maintenant... »

Premiers à prendre la parole, les scolaires rappellent leur plateforme qui comprend six points. Y figurent la question de l'électricité, l'eau, l'aménagement du terrain de sport, la réduction de la cotisation APE et l'augmentation de la capacité d'accueil de la bibliothèque. Le porte-parole des élèves pointe après un doigt accusateur sur le proviseur qu'il soupçonne d'être de connivence avec la mairie et le bureau APE dans la non satisfaction de leur plateforme revendicative et lâche tout de go « On ne veut plus voir le proviseur ». Quant au syndicat des enseignants (SYNTER), ils ont déploré les rapports conflictuels avec le proviseur. C'est ainsi que trois d'entre eux ont été affectés à Banfora sous le motif qu'ils sont en insécurité. Le bureau de l'association des parents d'élèves(APE) a exigé le départ des trois professeurs.

A en croire son président, Samba Soma, les parents d'élèves ne cessent de déployer des efforts en vue d'améliorer les conditions d'étude des élèves du lycée. De son avis, ces efforts sont sabotés par les trois enseignants. Pour sa part, le directeur régional des enseignements secondaires des Cascades, Aristide Dabiré, a étalé tous les efforts consentis en réalisations et en démarches pour un climat apaisé dans ce lycée. « Quant les élèves ne grèvent pas, ce sont les professeurs », a-t-il dit d'un air amer. Pour le maire, Abraham Dramane Soulama, le syndicat des enseignants dépasse ses prérogatives. « Je suis fatigué maintenant et les trois professeurs doivent partir », a-t-il dit.

L'examen des revendications des élèves et des professeurs, à la suite des interventions a fait ressortir des acquis notables. Toutes les salles sont éclairées et ventilées, le forage est fonctionnel, l'assurance UAB est supprimée depuis un an. Reste le terrain à aménager et la bibliothèque à améliorer. Il en est de même de l'équipement du laboratoire, la construction d'un logement pour les appelés du SND et pour le gardien.

Dans un souci de préserver la paix, le haut-commissaire a informé l'assistance de la décision du gouverneur des Cascades d'annuler la note d'affection des trois enseignants (Souleymane Diarra, Amadé Sawadogo et Lassané Ouédraogo). Dans la même veine, le proviseur, Adama Rouamba, retrouve son bureau. Une décision approuvée par la communauté éducative en dépit des positions tranchées au départ.

Frédéric OUEDRAOGO

Sidwaya