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Licenciement d'un agent de santé à Séguénéga : Le SYNTSHA du Yatenga proteste

Suite au licenciement d'un agent de santé de Séguénéga en conseil des ministres du 6 mars 2013 pour refus d'assistance d'une patiente, le bureau du Syndicat des travailleurs de la santé humaine et animale (SYNTSHA), section du Yatenga, manifeste son mécontentement. Il l'a fait savoir le samedi 9 mars 2013 à Ouahigouya lors d'un point de presse.

Le bureau du SYNTSHA, section du Yatenga, s'est dit consterné par la décision du gouvernement de licencier Nonguesanga Kaboré, attaché de santé en anesthésie-réanimation en poste au Centre médical avec antenne chirurgicale (CMA) de Séguénéga. Pour cela, il a décidé de faire un débrayage dans la période allant du vendredi 8 mars à 8 heures jusqu'au lundi 11 mars à 7 heures.

Ces informations ont été révélées à la presse par les responsables de la section du Yatenga le 9 mars dernier, dans la cité de Naaba Kango. De l'avis du Secrétaire général (SG) de ladite section, Issaka Ouattara, leur camarade, Nonguesanga Kaboré, n'est pas responsable de la mort de la patiente car il avait répondu à un mot d'ordre de grève du SYNSHA dont le ministère de la Santé avait connaissance. Il a expliqué que la dame en question a été admise au CMA de Séguénéga le 16 décembre 2012 aux environs de 22 heures avec une grossesse pathologique à terme (elle avait aussi les pieds enflés). L'équipe de garde sur place (des agents non grévistes), a-t-il poursuivi, n'avait pas les compétences requises pour traiter ce genre de cas qui incombe à un gynécologue. Et d'ajouter que malgré tout, au lieu d'évacuer la malade au Centre hospitalier régional (CHR) de Ouahigouya, l'équipe de garde s'est engagée à faire le travail qui s'est soldé par des saignements.

C'est à ce moment, a précisé M. Ouattara, qu'elle a fait appel à l'anesthésiste qui a fait savoir qu'il était en grève. « L'équipe a gardé la patiente jusqu'à 6h le lendemain 17 décembre et elle a succombé », a expliqué le SG du SYNTSHA du Yatenga. Les responsables de ce syndicat se sont convaincus que des cas similaires se sont produits un peu partout au Burkina, suite à leur grève mais qu'on n'en parle pas. « Combien de décès ont-ils eu lieu lors de notre grève ? Pourquoi le gouvernement se focalise-t-il seulement sur le cas de Séguénéga ? », se sont-ils interrogés. Ils ont, en outre, signifié que ce qui a valu la révocation du camarade Kaboré, c'est non une plainte déposée par le mari de la défunte mais plutôt le rapport fait par le CMA de Séguénéga.

Dans la journée du 9 mars, une délégation conduite par le SG du ministère de la santé, Souleymane Sanou, est allée échanger avec le syndicat du Yatenga sur la situation. Néanmoins, celui-ci dit ne pas baisser les bras quant à la défense des intérêts de ses membres.

Mady KABRE

Sidwaya