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Marin Casimir Ilboudo, nouveau maire de la commune de Ouagadougou : « Les préoccupations des populations vont au-delà des chambres de passe »

Elu ce lundi 11 mars à la tête de la commune de Ouagadougou, en remplacement du monument Simon Compaoré qui y a passé 17 ans, Marin Casimir Ilboudo (55 ans, marié et père de 3 enfants) est loin de s'aventurer sur un terrain inconnu. Collaborateur de longue date du maire sortant, l'ancien confrère a déjà une claire vision de sa mission, sans vouloir forcement suivre les méthodes Simon.

« Je ne vais pas taper sur un tambour percé. Vous savez très bien que nous ne sommes pas du même tempérament. Simon Compaoré est un grand Monsieur que je respecte pour sa vision. J'ai participé à ses côtés pour la mise en ½uvre de la politique institutionnelle depuis 17 ans. J'ai été d'abord président de la Commission Affaires générales et institutionnelles de la commune de Ouagadougou lors du premier mandat, avant d'aller en mi-mandat à l'arrondissement de Baskuy.

J'ai également ½uvré à ses côtés dans le cadre de l'Association des municipalités du Burkina Faso en tant que 2e vice-président. C'est un Monsieur qui a de la poigne. Mais, l'essentiel, c'est que nous puissions atteindre les résultats. Identifier les besoins et prendre les dispositions pour pouvoir atteindre les résultats. Les méthodes peuvent varier. Moi, je ne suis pas Simon Compaoré, je suis Marin Ilboudo, avec une autre équipe qui aura ses méthodes, ses approches et qui pourra en tout cas réaliser des résultats ».

Les priorités du nouveau maire

Mais, quelles sont ses priorités ? Sur la question, l'ancien maire de l'arrondissement de Baskuy assure ne pas avoir l'intention de réinventer la roue, les préoccupations de sa commune étant bien connues.

Ces préoccupations peuvent s'exprimer, dit-il, en questions de voirie, de lotissements, d'assainissement ; en problèmes de circulation, de gestion d'ordures ménagères, de sécurité et en bien d'autres préoccupations. Abordant le redécoupage de la ville de Ouagadougou en douze arrondissements, le maire Ilboudo a indiqué que sur la base des préoccupations identifiées, diagnostiquées avec les populations, son équipe allait les affiner en tenant compte non seulement des spécificités et des priorités de chacun des arrondissements ; mais aussi des ressources budgétaires disponibles et d'éventuels apports extérieurs.

Les chambres closes

Mais, va-t-il, comme son prédécesseur, s'attaquer aux chambres de passe ?

La réplique du bourgmestre a été ici immédiate, comme si l'interrogation dérangeait ou du moins ce n'était pas encore le moment d'en parler : « Les problèmes des populations vont au-delà des chambres de passe, des chambres closes.

Nous allons nous asseoir au sein du bureau du Conseil pour réfléchir sur toutes les préoccupations et nous allons les prioriser pour pouvoir mieux les cerner, mieux les cibler en fonction de la spécificité des arrondissements et maintenant dégager une stratégie qui permet en tout cas de les régler progressivement ».

Un Ilbouldo à la place de celui que beaucoup attendaient

Sur les conditions mêmes de son élection, il n'y a pas grand-chose à dire, passée la petite surprise de la non candidature de celui que l'on a présenté pendant des années comme le successeur de Simon Compaoré, à savoir Jean Christophe Ilboudo, 1er adjoint au maire dans le conseil municipal sortant. Le secrétaire permanent des engagements nationaux s'est montré vraiment très discret.

Il a même refusé de répondre aux questions de journalistes. Quand nous avons voulu savoir auprès d'un élu de son parti s'il allait se présenter, celui-ci a eu cette réponse qui en disait suffisamment long : « Le parti ne l'a pas désigné. Mais, chacun est libre, je ne sais pas s'il sera candidat. Il est là. Posez lui la question, comme ça vous aurez la primeur de l'information ». En aucun moment, les chances de Marin pour l'occupation du maire de Ouaga n'ont semblé être compromises dans son propre camp.

Pour avoir le c½ur net, nous n'avons pas hésité à l'approcher pour savoir s'il était confiant dans cette affaire. Et il n'a pas non plus fait dans la langue de bois. « Mon parti m'a placé sa confiance en me désignant. Il n'y a pas de raison de douter. Je suis confiant ». Et c'est sans surprise qu'il a été élu avec 167 voix contre 65 pour le candidat de l'UPC, Alexandre Kaboré.

Zakaria Sawadogo, la grande vedette

Ainsi, au lieu de Jean Christophe comme beaucoup l'attendaient, c'est un autre Ilboudo qui récupère les clés de l'hôtel de ville pour les années à venir.

Comme il est d'usage en pareilles circonstances, l'on a également procédé à la désignation des adjoints au maire. A notre départ du Palais de la Jeunesse et de la Culture Jean Guingané où se sont déroulés les votes, c'est Kiba Charles Nedego et Zakaria Sawadogo qui avaient déjà été désignés respectivement 1er et 2e adjoint au maire.

Malgré les candidatures d'un représentant de l'UPC et un autre de l'ADF/RDA, Zakaria Sawadogo est parvenu à se faire élire avec 159 voix. Hors de la salle où étaient réunis ses sympathisants, c'est l'explosion de joie. On danse, on siffle, on crie son nom. A entendre certains fans de l'ancien maire de l'arrondissement de Nongr-Massom, leur idole est victime d'accusations gratuites. Et pour eux, son élection comme deuxième adjoint de Marin Casimir Ilboudo a un goût de réhabilitation. D'où ces manifestations de joie qui ont quelque peu perturbé le déroulement serein de la manifestation. Mais, l'ordre a très vite été restauré, les choses sont entrées dans l'ordre et les choses ont pu se poursuivre puisqu'il fallait encore élire les autres adjoints ainsi que les présidents des commissions du conseil municipal.

Si tout se passe comme prévu, c'est ce soir aux environs de 15 h que Marin Casimir Ilboudo sera installé dans ses fonctions de maire de Ouagadougou.

Grégoire B. BAZIE

Ph. Bonaventure PARE

Lefaso.net