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Ethiopie: le G7 appelle

Les pays du G7 ont réclamé vendredi un retrait "rapide, inconditionnel et vérifiable" des forces érythréennes du Tigré, région du nord de l'Ethiopie secouée depuis cinq mois par un conflit qui risque de s'éterniser pendant "des années", selon l'International Crisis Group.

Le 4 novembre, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a annoncé l'envoi de l'armée fédérale au Tigré pour arrêter et désarmer les dirigeants du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), parti au pouvoir dans cette région. Il accusait les forces du TPLF d'avoir mené des attaques contre des camps militaires.

Les forces fédérales éthiopiennes ont reçu l'appui de forces venues d'Érythrée, pays frontalier du Tigré au nord, et de la région éthiopienne de l'Amhara, qui borde le Tigré au sud, et M. Abiy a proclamé la victoire le 28 novembre, après la prise de la capitale régionale Mekele.

La présence de troupes érythréennes -longtemps niée officiellement malgré les nombreux récits d'habitants, d'ONG, diplomates et responsables locaux- a été admise publiquement la semaine dernière par Abiy Ahmed, qui a annoncé devant le Parlement éthiopien que ces forces allaient se retirer. 

"Saluant" cette annonce, les ministres des Affaires étrangères du G7 ont appelé vendredi à ce que ce retrait soit "rapide, inconditionnel et vérifiable". Ils ont également souhaité "la fin de la violence et la mise en place d'un processus politique clair, inclusif et acceptable pour tous les Éthiopiens, y compris ceux du Tigré".

- Un "processus..." -

Les troupes érythréennes sont accusées d'atrocités (massacres, viols, pillages...) au Tigré.

Amnesty International et Human Rights Watch affirment qu'elles ont massacré des centaines de civils dans la ville sainte d'Aksoum. L'AFP a également documenté un massacre qui aurait été perpétré en novembre par les troupes érythréennes dans la ville de Dengolat.

Le chef de l'administration par intérim de la région du Tigré, Mulu Nega, a affirmé cette semaine à l'AFP que le retrait érythréen était "un processus" et qu'il ne se produirait pas immédiatement.

Des habitants de plusieurs villes et villages du Tigré interrogés par l'AFP ont affirmé que les Érythréens semblaient avoir intensifié leur présence dans certaines zones. 

Au moins quatre camions de soldats d'Asmara sont ainsi arrivés dans la ville d'Edaga Hamus depuis le week-end dernier, a indiqué un habitant, sous couvert d'anonymat. "Depuis que les soldats érythréens sont revenus à Edaga Hamus, je n'ai pas quitté ma maison, de peur qu'ils me tuent s'ils me trouvent dans la rue", a-t-il confié.

D'autres troupes sont également arrivées ces derniers jours dans la ville de Senkata, même si on ne sait pas s'ils doivent y rester, selon un habitant, disant "craindre que les soldats érythréens préparent une confrontation à grande échelle". 

Interrogé par mail cette semaine sur ce retrait, le ministre érythréen de l'Information, Yemane Gebremeskel, a déclaré à l'AFP que les déclarations d'Abiy Ahmed étaient "sans équivoque et sans ambiguïté".

- Résistance "enracinée" -

Sur le terrain, la situation est dans une "impasse meurtrière et dangereuse", estime l'International Crisis Group (ICG) dans un rapport publié vendredi.

Selon ce centre d'analyse travaillant à la prévention des conflits, les combats se poursuivaient encore récemment dans le centre et le sud du Tigré et "les positions des deux camps indiquent que le conflit pourrait bien durer des mois, voire des années".

"Les deux camps cherchent le coup de grâce, mais aucun des deux ne peut réellement espérer le réaliser", estime l'ICG, pour qui "des négociations de paix semblent loin". 

La résistance militaire tigréenne est désormais "enracinée" et bénéficie du soutien de la population, indignée par les atrocités dont sont accusées les forces pro-gouvernementales, notamment les Erythréens, ennemis jurés du TPLF.

Ce ressentiment fait probablement gonfler le nombre de combattants fidèles au TPLF, regroupés au sein des Forces de défense du Tigré, mouvement armé "mené par les dirigeants tigréens déchus et commandé par d'anciens (officiers militaires) de haut rang".

La plupart des dirigeants du TPLF sont toujours en fuite et aucun d'entre eux n'avait été capturé ou tué en février ou mars, souligne l'ICG.

- "Guerre sale" -

L'accès restreint, notamment pour les travailleurs humanitaires et les journalistes, a rendu difficile l'évaluation du nombre de morts causés par ce conflit.

Le mois dernier, lors d'un briefing avec des diplomates à Mekele, un général éthiopien a évoqué une "guerre sale" causant des souffrances à des  victimes "sans défense".

Jeudi, des chercheurs de l'Université de Gand (Belgique) ont affirmé dans un article avoir identifié 1.942 victimes civiles, dont seulement 3% sont mortes dans des bombardements et des frappes aériennes. Ils ont également recensé 151 "massacres", dans lesquels au moins cinq civils non armés ont été tués. 

Leurs conclusions n'ont pas pu être vérifiées de manière indépendante. 

AFP

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