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Sommet de N'Djamena: il faut "imposer la paix" au Mali (président Niger)

Il faut "imposer la paix" au Mali les "armes à la main", a plaidé à l'AFP mardi le président du Niger Mahamadou Issoufou, de retour du sommet du G5 Sahel à N'Djamena (Tchad), affirmant que les chefs d'Etat s'y étaient accordés sur la nécessité d'un mandat plus robuste pour la mission de l'ONU au Mali, la Minusma.

Les chefs d'Etat du G5 Sahel (Mali, Mauritanie, Niger, Tchad, Burkina Faso) étaient réunis lundi et mardi pour un sommet auquel s'est joint le président français Emmanuel Macron en visioconférence afin de faire le point un an après le sommet de Pau (France) sur la situation géopolitique au Sahel.

A Zinder, dans le sud-est du Niger - où se tient dimanche une élection présidentielle - le président Issoufou a estimé "moralement inacceptable" que les Casques bleus au Mali n'aient pas d'autre mandat que celui de la protection des civils, qui ne leur permet pas d'intervenir offensivement.

Question: Vous rentrez de N'Djamena, que retenez vous du sommet qui vient de s'achever ?

Réponse: Ce qui est important, c'est le bilan qui a été fait sur les deux piliers que sont la sécurité et la montée en puissance des forces de défense et de sécurité au niveau national.

Le sommet a noté que des victoires importantes ont été remportées dans la lutte contre le terrorisme ces derniers mois. Beaucoup de terroristes ont été neutralisés. Nous sommes sur la bonne voie.

Par conséquent, le sommet a décidé d'exploiter les victoires et d'amplifier la lutte dans cette zone des trois frontières (Mali, Niger et Burkina Faso). C'est cela qui explique que nous avons décidé d'ajouter un huitième bataillon (aux sept déjà existants de la force conjointe, ndlr), le bataillon tchadien, qui va être mis en place dans les tout prochains jours.

Nous avons convenu qu'il fallait poursuivre la montée en puissance des forces nationales, et rendre encore plus opérationnelle la force conjointe, y compris en continuant le plaidoyer pour que cette force conjointe soit placée sous chapitre 7 de la charte des Nations unies pour avoir un financement prévisible, pérenne.

Nous avons aussi convenu de faire un plaidoyer au niveau de l'ONU, avec l'ensemble des partenaires dont la France, afin que la Minusma, qui est composée de 14.000 hommes aux pieds desquels on égorge, on viole des femmes mais qui n'ont pas mandat pour réagir.

Je trouve cela moralement inacceptable. Nous avons demandé qu'une brigade de la Minusma, sur le modèle de la Monusco (Mission de l'ONU au Congo, ndlr), soit mise en place.

Aujourd'hui au Mali, l'objectif n'est pas de maintenir la paix, c'est d'imposer la paix. On ne peut pas l'imposer si ce n'est les armes à la main.

Q: Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l'Union africaine, a dénoncé lundi en ouverture du sommet du G5 Sahel les "paroles incantatoires" non suivies d'effet. Qu'en dites-vous?

R: Je ne pense pas qu'il y ait eu des discours sans suite. Nous avons obtenu des résultats, il faut que l'opinion le sache. Il faut savoir que c'est une action de longue haleine, dans d'autres régions la lutte antiterroriste a duré des années, en Irak, en Syrie ou en Afghanistan.

Ce qui se passe dans le Sahel n'est pas une exception, ça s'est déjà vu ailleurs. Mais on ne peut pas dire que rien n'est fait. Il y a des choses qui se font, il y a des victoires que nous obtenons, que nous allons exploiter et amplifier.

Il y a également la force en attente de l'Union africaine qui va être mobilisée. L'Union africaine a promis de mettre en place 3.000 hommes, nous l'attendons.

Q: Le Mali et le Burkina Faso ont fait part de leur volonté d'explorer l'option du dialogue avec les groupes jihadistes opérant au Sahel. La France est contre. Est-ce une question qui a été évoquée lors du huis-clos entre chefs d'Etat lundi?

R: Ce ne sont pas toutes les questions qui ont été soulevées durant le huis-clos qu'il faut dire aux journalistes. Vous me permettrez de ne pas répondre à cette question.

AFP

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