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Affaire Chebeya en RDC: une plainte déposée contre un général

Les avocats des parties civiles dans l'assassinat en 2010 du militant des droits de l'Homme Floribert Chebeya en République démocratique du Congo, ont annoncé vendredi avoir déposé une plainte au parquet militaire contre un général congolais.

En début de semaine, deux policiers en "exil", Hergil Ilunga et Alain Kayeye Longwa, ont affirmé dans des témoignages à la radio française RFI avoir participé à l'assassinat de Floribert Chebeya, dont le corps a été retrouvé le 2 juin 2010 dans sa voiture à la périphérie de Kinshasa, et à la disparition du corps de son chauffeur, Fidèle Bazana.

Figure de l'ONG la Voix des sans voix (VSV), Floribert Chebeya avait été convoqué la veille dans les locaux de la police pour y rencontrer son chef, le général John Numbi.

Fidèle Bazana avait disparu ce même 1er juin au soir, après l'avoir accompagné à ce rendez-vous. Son corps n'a jamais été retrouvé, et la justice a conclu en première instance qu'il avait été assassiné, tout comme Chebeya.

Tout en accusant le général Numbi d'avoir commandité l'assassinat, les deux policiers ont aussi indiqué le lieu où seraient enfouis les restes de Fidèle Bazana : dans une ferme appartenant au général Zelwa Katanga alias Djadjidja.

"Nous avons déposé une plainte mercredi contre le général Djadjija" et le commando ayant participé au double assassinat, a affirmé à la presse Me Peter Ngomo, un porte-parole du collectif des avocats des parties civiles.

Nous leurs "reprochons un certain nombre de faits. C'est au magistrat d'investiguer sur les faits par rapport à nos allégations", a-t-il ajouté, affirmant que "le site est sécurisé présentement par des militaires".

En septembre 2015, à l'issue du procès en appel, un colonel de police, Daniel Mukalay avait été condamné à 15 ans de réclusion criminelle et est toujours incarcéré.

Depuis le début de la semaine, des appels à la reprise du procès se sont multipliés, portés aussi bien par des organisations de défense des droits de l'Homme, des politiques mais également des diplomates.

"La justice était caporalisée", a estimé Me Richard Bongo, en plaidant vendredi pour la "reprise du procès devant la Haute cour militaire".

AFP

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