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Manifestations réprimées au Nigeria: appel

Plusieurs figures du mouvement contre les violences policières qui a balayé le Nigeria en octobre appellent à occuper samedi un péage à Lagos, où l'armée avait réprimé dans le sang une manifestation, pour réclamer justice.

Sur le Twitter nigérian, le hashtag "OccupyLekkiTollGate" (Occupons le péage de Lekki) était largement partagé après la décision samedi d'un tribunal d'autoriser la réouverture de ce péage de Lagos, capitale économique du Nigeria.

Le 20 octobre, l'armée avait ouvert le feu sur des manifestants réunis à ce péage, devenu l'épicentre de la contestation #Endsars qui avait balayé le pays, faisant au moins 10 morts, selon l'ONG Amnesty international.

Après la fusillade de Lekki, qui avait provoqué une indignation internationale, les manifestations avaient cessé, mais des violences et pillages avaient éclaté un peu partout dans le pays.

En tout, au moins 56 personnes (manifestants, civils et policiers) avaient été tuées au Nigeria, selon Amnesty International.

Depuis le retour au calme fin octobre, les voitures circulaient librement sur le péage, qui portait toujours les stigmates de cette contestation et de la répression qui avait suivi. 

La Cour de justice mise en place par l'Etat de Lagos pour enquêter sur les accusations de brutalités policières et sur la répression des manifestations, a finalement autorisé samedi la compagnie en charge du péage à reprendre possession des lieux. 

Pour de nombreux activistes, la remise en état du péage et de son exploitation commerciale est perçue comme un affront, alors que les responsables de cette tuerie n'ont pas été jugés. 

Depuis le début de l'année, l'enquête patauge, les responsables de l'armée accusés d'avoir ordonné les tirs sur les manifestants, convoqués à trois reprise, ne s'étant plus présentés devant cette cour.

Le message "Pas de justice, pas de réouverture, occupons samedi 13 février le péage de Lekki" était largement partagé depuis samedi sur Twitter. 

"S'ils rouvrent le péage de Lekki et commencent à collecter l'argent du sang, alors nous devons l'occuper à nouveau", écrivait par exemple l'un des leaders de la contestation, "Comrade" (camarade, en anglais) Deji Adeyanju, suivi par 120.000 abonnés. 

En réaction, certains internautes ont appelé à une contre-manifestation. 

Le hashtag #DefendLagos, appelant les citoyens à se rendre le même jour sur le péage de Lekki pour "défendre Lagos" contre les "pilleurs", était lui aussi largement partagé.

AFP

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