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Ouganda: la justice ordonne la fin de l'assignation

La justice ougandaise a ordonné lundi aux forces armées de mettre fin à l'assignation à résidence de l'opposant Bobi Wine, dont elles encerclent le domicile depuis l'élection présidentielle du 14 janvier. 

Bobi Wine, candidat malheureux à ce scrutin qui a marqué la victoire pour un sixième mandat du président sortant Yoweri Museveni, est de fait bloqué dans sa résidence de la périphérie de Kampala, la capitale.

Des soldats et des policiers lourdement armés entourent la maison et empêchent ses habitants, dont l'épouse de M. Wine, Barbie Kyagulanyi, d'en sortir.

La semaine dernière, l'ambassadrice des Etats-Unis en Ouganda a été empêchée de rendre visite à M. Wine, qui a obtenu environ 35% des voix à l'élection présidentielle, selon les résultats officiels.

De son vrai nom Robert Kyagulanyi, cet ancien chanteur de ragga devenu homme politique est désormais considéré comme le leader de l'opposition.

"La restriction (de déplacement) continue et indéfinie du pétitionnaire dans sa maison est illégale et son droit à la liberté a été entravé", a déclaré lundi le juge Michael Elubu, de la division civile de la Haute Cour de justice ougandaise, un tribunal de Kampala.

"Ces restrictions étant considérées comme illégales, nous ordonnons qu'elles soient levées", a-t-il ajouté.

Le gouvernement ougandais a justifié cette assignation à résidence par la nécessité d'assurer "la protection" de Bobi Wine et d'éviter les manifestations de l'opposition, le candidat ayant qualifié l'élection de "mascarade" et rejeté ses résultats. 

Bobi Wine a dénoncé dans un tweet lundi en début d'après-midi le maintien de forces armées devant sa maison malgré cette décision.

"La Haute Cour a décidé ce matin que mon assignation à résidence prolongée (11 jours désormais) est illégale et inconstitutionnelle", a-t-il écrit sur Twitter.  

"Plusieurs heures après, les militaires encerclent toujours ma maison, bloquant l'accès à tout le monde ! Peut-être (comme toujours) attendent-ils les ordres du Général Museveni sur la marche à suivre", poursuit-il.

Il est arrivé par le passé que les forces armées ignorent les ordres de la justice concernant la libération d'individus, ou bien arrêtent à nouveau des personnes qui venaient d'être libérées. 

AFP

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