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Tunisie: 600 arrestations, l'armée en renfort après des émeutes

Plus de 600 personnes ont été arrêtées, a indiqué le ministère de l'Intérieur lundi, après une troisième nuit d'émeutes dans de nombreuses villes de Tunisie, où la police déployée pour imposer un couvre-feu a été prise pour cible par des jeunes.

Des troubles ont éclaté dans des quartiers marginalisés frappés de plein fouet par une crise économique inédite, au lendemain du dixième anniversaire de la chute du président Zine El Abidine Ben Ali, le 14 janvier 2011.

Ils coïncident avec un confinement général de quatre jours qui s'est achevé dimanche, pour tenter d'endiguer une flambée de cas de Covid-19, assorti d'un couvre-feu à partir de 16H00.

Le porte-parole du ministère de l'Intérieur Khaled Hayouni a fait état de 632 arrestations, évoquant des groupes de personnes entre 15 et 25 ans qui ont "brûlé des pneus et des poubelles afin d'entraver les mouvements des forces de sécurité".

Dimanche pour la troisième nuit consécutive, la police prise pour cible à coups de pierres et autres a rétorqué à coups de gaz lacrymogènes dans plusieurs localités, dont le vaste quartier populaire d'Ettadhamen en périphérie de Tunis.

Des pillages ont également eu lieu dans certaines zones.

Ces heurts interviennent dans un contexte de dégradation de la situation sociale et d'instabilité politique en Tunisie.

"Cela n'a rien à voir avec les mouvements de revendication garantis par la loi et la Constitution", a néanmoins estimé M. Hayouni. "Les revendications se déroulent normalement le jour (...) et sans actes criminels", a-t-il ajouté dans une interview à la radio privée Mosaïque, faisant état de deux blessés parmi les forces de l'ordre.

Amnesty International a appelé lundi les forces de police à "respecter les droits de ceux qu'ils arrêtent, quelles que soient les raisons et les circonstances de leur arrestation".

Dans un communiqué, l'ONG s'est inquiétée des témoignages de violences sur des protestataires et de l'arrestation d'un militant qui mainfestait pacifiquement lundi matin.

Les manifestations sont actuellement interdites en raison du Covid-19.

Mais quelques dizaines de personnes ont défilé lundi dans le centre de Tunis, dénonçant l'augmentation de la pauvreté, "la corruption allant du gouvernement à la police", et "la répression policière".

Ils ont été bloqués par la police à proximité du ministère de l'Intérieur.

Le principal syndicat, l'UGTT, a appelé les jeunes à cesser les protestations nocturnes, propices à des dépassements, tout en rappelant que la Constitution garantit le droit de manifester.

Plusieurs appels informels à manifester contre la cherté de la vie et la pauvreté ont été lancés sur Facebook pour mardi matin à Kairouan (centre), Sfax (centre-est) ou encore Tunis dans l'après midi.

L'armée a déployé des renforts dans les régions de Bizerte (nord), Sousse (est), Kasserine et Siliana (centre-ouest) - afin de protéger les bâtiments publics, a indiqué lundi à l'AFP un porte-parole du ministère de la Défense, Mohamed Zikri.

AFP

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