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Bandits et jihadistes: le nord du Nigeria pris dans un tourbillon de violences

Le Nord du Nigeria s'enfonce dans un tourbillon infernal de violences, où les attaques meurtrières et les enlèvements perpétrés par des jihadistes à l'est et par des bandes criminelles à l'ouest se sont intensifiés ces dernières semaines. 

Le pays le plus peuplé d'Afrique n'en finit pas de compter ses morts, alors qu'une partie du nord de son territoire vit depuis plus de dix ans sous la menace constante d'organisations criminelles et jihadistes et dont les liens se resserrent entre elles.  

Depuis des années, les attaques sont quasi-quotidiennes, mais l'horreur semble avoir récemment encore monté d'un cran.

Dans le nord-est d'abord, où les groupes jihadistes Boko Haram et Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap), sèment la terreur, et où l'armée semble bien incapable de les arrêter. 

Vendredi en fin d'après-midi, des jihadistes de Iswap ont tendu une embuscade à un convoi de voitures transportant des civils sur l'autoroute reliant Maiduguri, la capitale de l'Etat du Borno, et Damaturu, ville située dans l'Etat voisin de Yobe. 

"Les insurgés sont arrivés à bord de cinq camions équipés de mitrailleuses et ont barricadé l'autoroute. Ils ont enlevé 35 personnes et en ont tué une", a déclaré dimanche à l'AFP le responsable d'une milice antijihadiste pro-gouvernementale, Umar Ari.

Le lendemain, des combattants de cette même organisation, armés de lance-roquettes ont ouvert le feu sur un convoi militaire en périphérie de la ville de Mafa, à 44 kilomètres de Maiduguri, tuant cinq militaires. 

- Attentat-suicide -

La veille, Boko Haram, la faction historique dirigée par Abubakar Shekau, a tué trois civils, et blessés deux grièvement, dans un attentat-suicide perpétré par une adolescente dans la ville de Konduga, à une quarantaine de kilomètres de Maiduguri. 

Le groupe, dont l'insurrection est née en 2009, avait déjà fait les gros titres ces dernières semaines. 

D'abord, fin novembre, lorsqu'une centaine de ses combattants avaient égorgé au moins 76 agriculteurs qui travaillaient dans un champs non loin de Maiduguri, soit l'attaque "la plus violente" contre des civils cette année, selon l'ONU.

Puis le 11 décembre, lorsque 344 enfants ont été enlevés par des groupes criminels pour le compte de Boko Haram dans le nord-ouest du pays.

Les centaines d'enfants ont finalement été relâchés vendredi après des négociations entre les autorités et les groupes criminels. 

Mais ce rapt massif, qui s'est produit à des centaines de kilomètres du bastion de Boko Haram, fait redouter une expansion territoriale du groupe jihadiste. 

Ces deux dernières années, le groupe a tissé des liens forts avec certaines des bandes armées, appelés "bandits" qui sèment la terreur dans les zones rurales du centre et du nord-ouest du Nigeria depuis dix ans. 

Ils pratiquent à grande échelle le vol de bétail et les enlèvements contre rançon, motivés par l'appât du gain, et sans motivation idéologique jusqu'ici. 

- Armée sous équipée -

Samedi soir, certains de ces bandits ont de nouveau kidnappé des dizaines d'enfants dans le nord-ouest du Nigeria, qui ont finalement été libérés dimanche matin grâce à l'intervention armée d'un groupe d'auto-défense et de la police. 

Depuis 2011, les violences de ces bandes armés ont causé la mort de quelque 8.000 personnes.

Quant à celles des groupes jihadistes, et du conflit dans le nord-est qui en résulte, elles ont fait plus de 36.000 morts et forcé plus de 2 millions de personnes à fuir leur domicile. Elle a également créé une crise humanitaire majeure. En juin prochain, l'ONU prévoit qu'environ 5,1 millions de personnes se trouveront en insécurité alimentaire dans cette région. 

L'armée engagée sur ces deux terrains n'arrivent pas à contenir ces attaques. Elle est sous-financée, sous-équipée et manque de d'hommes, selon les experts.

Depuis 2019, elle a adopté une nouvelle stratégie, en regroupant ses soldats dans de "super-camps", après avoir enregistré de nombreuses pertes humaines. 

Mais cette stratégie a entraîné un retrait des troupes des zones rurales, désormais plus vulnérables face aux attaques des organisations criminelles et jihadistes. 

Face à la multiplication des attaques, les critiques contre l'action du gouvernement et celle du président nigérian Muhammadu Buhari s'intensifient.

C'est un camouflet pour le chef de l'Etat, âgé de 78 ans et originaire de la région du nord-ouest où les "bandits" sèment la terreur, et parce qu'en 2015, il avait été élu en promettant de mettre fin à l'insurrection jihadiste dans le nord-est. 

AFP

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