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RDC: le Parlement devient le siège de la bataille rangée Tshisekedi-Kabila

La police s'est déployée mardi au sein du Parlement de la République démocratique du Congo à Kinshasa, siège depuis deux jours d'une bataille rangée entre les partisans du président Félix Tshisekedi et ceux de la majorité parlementaire fidèle à son prédécesseur Joseph Kabila.

Au moins trois personnes ont été blessées à des degrés divers mardi matin dans des affrontements entre les deux camps à l'intérieur même du "palais du Peuple", où la police s'est déployée pour rétablir l'ordre, a constaté un journaliste de l'AFP. 

Plus grand pays d'Afrique sub-saharienne, la RDC s'enfonce dans une crise au sommet de l'État depuis que le président Tshisekedi a annoncé dimanche la fin de la coalition au pouvoir qu'il formait avec la majorité parlementaire pro-Kabila du Front commun pour le Congo (FCC). 

Le chef de l'État a affirmé qu'il allait désigner une personnalité - un "informateur" - pour identifier une nouvelle majorité, et qu'il se réservait le droit de dissoudre la chambre basse s'il ne la trouvait pas.

Le FCC, rassemblement des partis pro-Kabila a dénoncé une "violation" de la Constitution, revendiquant une majorité de 338 députés sur 500 à l'issue des élections de décembre 2018.

Le FCC a demandé à son "autorité morale" Joseph Kabila de livrer sa "part de vérité" sur cette nouvelle crise qui menace la stabilité du géant d'Afrique, déjà paralysé par d'interminables conflits armés à l'Est et sa corruption endémique. 

Mardi matin à l'Assemblée, les pro-Kabila se sont retranchés au premier étage du "palais du Peuple", et les partisans de l'UDPS, le parti du président Tshisekedi, au rez-de-chaussée.

Des projectiles ont fusé de part et d'autre, blessant grièvement au moins une personne au rez-de-chaussée, selon le journaliste de l'AFP présent sur place.

Les deux camps se sont aussi affrontés dans l'escalier qui mènent à la coursive du premier étage.

Des partisans des deux camps étaient mêlés aux députés avant les échanges de projectiles. Les affrontements ont commencé quand la plupart des députés se sont retirés dans une salle.

La police est finalement parvenue à rétablir l'ordre à l'intérieur du "palais du Peuple", imposant édifice dans le centre de Kinshasa, construit dans les années 1970 par la Chine sous le règne du maréchal Mobutu Sese Seko.

A l'extérieur, la police a dispersé à coup de gaz lacrymogènes des taxis-motos, traditionnellement pro-UDPS, qui voulaient eux aussi forcer les portes du Parlement.

- Bataille de procédures -

La veille, dans la salle des séances plénières, des députés UDPS avaient saccagé les pupitres à la tribune, pour empêcher la tenue d'une séance convoquée par la présidente pro-Kabila de l'Assemblée, Jeanine Mabunda.

La guérilla entre les deux camps est aussi parlementaire, avec des batailles de procédure qui traduisent le bras-de-fer Tshisekedi-Kabila.

A l'Assemblée, la salle des séances plénières était fermée mardi matin, alors que les députés des deux camps avaient convoqué chacun une plénière.

Le bureau de Mme Mabunda avait ainsi convoqué pour mardi une séance à 10H00 avec pour unique ordre du jour une "communication".

De son côté, le secrétaire général de l'Assemblée avait convoqué une séance à 11H00 pour "l'installation" d'un nouveau bureau provisoire. 

Ce bureau devait examiner "les pétitions initiées contre le bureau de l'Assemblée nationale" par les pro-Tshisekedi il y a plusieurs jours.

La veille le président de la République a reçu à sa demande pendant une heure le Premier ministre Sylvestre Ilunga, un membre du FCC pro-Kabila.

Rien n'a filtré officiellement de leur rencontre. L'échange a porté sur "la démission du Premier ministre", a déclaré un conseiller du président à l'AFP, ajoutant: "Comment va-t-il travailler sans avoir la confiance du chef de l'État?".

Avant ses annonces de dimanche, le président Tshisekedi avait reçu la semaine dernière les hauts-gradés de l'armée et de la police, ayant pour certains été nommés par son prédécesseur Kabila. L'armée avait promis de rester "a-politique".

La RDC "ne peut pas se permettre une crise institutionnelle grave", a prévenu lundi l'émissaire de l'ONU pour la RDC, Leïla Zerrougui. 

AFP

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