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Présidentielle au Burkina: le parti de Compaoré veut revenir au pouvoir "par les urnes"

L'un des trois favoris de l'élection au Burkina Faso, Eddie Komboïgo, a promis jeudi que son parti, celui de l'ex-président Blaise Compaoré, reviendrait "par les urnes" au pouvoir après avoir été chassé "par la rue", lors d'un meeting à Ouagadougou.

"Nous avons perdu le pouvoir par la rue, nous sommes revenus pour reconquérir le pouvoir par les urnes!", a déclaré sous les hourras de plusieurs milliers de personnes le candidat du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), à quatre jours de l'élection.

Blaise Compaoré, au pouvoir pendant 27 ans, avait été chassé en 2014 par une insurrection populaire.

A l'époque, des dizaines de milliers de Burkinabè avaient pris la rue, notamment sur la symbolique place de la Nation à Ouagadougou, pour empêcher le président Compaoré de modifier la Constitution et se maintenir au pouvoir. Il avait fui en Côte d'Ivoire, où il vit toujours en exil.

Jeudi sur cette même place de la Nation, M. Komboïgo, expert-comptable à la fortune réputée colossale, a fustigé l'insurrection composée selon lui de "jeunes savamment manipulés".

M. Komboïgo, présenté par les observateurs comme le troisième homme du scrutin de dimanche après le président sortant Roch Marc Christian Kaboré et le chef de file de l'opposition Zéphirin Diabré, a sillonné ces deux dernières semaines le pays au pas de course, enchaînant trois meetings par jour, quand les autres candidats n'en faisaient qu'un.

Il a pu compter sur la machine rodée du CDP, qui avait été interdit de scrutin présidentiel en 2015.

Blaise Compaoré, dont la tête ornait autant d'affiches que le candidat Komboïgo au meeting de jeudi, bénéficie six ans après sa chute d'une certaine aura. La nostalgie du "Beau Blaise", comme il était surnommé, et surtout de la paix qui régnait à son époque dans le pays, a plané sur la campagne présidentielle.

Quelque 6,5 millions de Burkinabè sont appelés aux urnes dimanche. La présidentielle, couplée aux élections législatives, se tient alors que le Burkina Faso est le théâtre d'attaques jihadistes depuis cinq ans, souvent entremêlées à des heurts intercommunautaires, des violences qui ont fait 1.200 morts et un million de déplacés.

AFP

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